Pour la troisième année consécutive, la Ville de Genève promeut, avec plusieurs associations actives dans la lutte contre les violences sexuelles, le Canton et l’Université de Genève, une campagne de sensibilisation sur la notion de consentement. Basée sur un affichage dans l’espace public ainsi que sur l’organisation de plusieurs événements (expositions, tables-rondes, ateliers), cette campagne rappelle que même timide, murmuré, étouffé…, NON ça veut dire NON.

Cette année, cette campagne s’inscrit dans un contexte particulier, marqué par une actualité intense autour de la thématique des violences sexistes et sexuelles. Les hashtags #metoo et #balancetonporc ont en effet fait (ré)-émerger dans le débat public des réalités que nous connaissons toutes, mais qui sont le plus souvent banalisées, passées sous silence. Le flot de témoignages rendus visibles ces dernières semaines rappelle ainsi que loin d’être des épiphénomènes, loin du caractère anecdotiques qu’on leur prête parfois, les violences sexuelles et sexistes font partie du quotidien des femmes. Elles se produisent chaque jour, elles se produisent partout : à la maison, mais également dans la rue, lors d’activités sportives ou de loisirs, au travail, en politique ou encore dans les médias. Dans certains cas, ces violences sont non seulement sexistes, mais également racistes, lesbophobes ou encore transphobes. Elles traversent toutes les classes sociales et toutes les cultures.

Face à cette réalité, la virulence de certaines réactions rappelle aussi l’immense travail qu’il reste à accomplir. Nombreuses et nombreux sont en effet celles et ceux qui remettent en cause la parole des femmes, doutent, accusent même, ou préféreraient que ces dernières « restent à leur place » et continuent à se taire.

Dans ce contexte, la campagne « ça veut dire non » vise à réaffirmer que les violences faites aux femmes, TOUTES les formes de violences faites aux femmes, sont inacceptables. Elle s’inscrit pour la Ville de Genève dans une politique de promotion de l’égalité entre femmes et hommes initiée en 2007, qui met un accent particulier sur la lutte contre le sexisme et les violences de genre, et qui s’appuie sur des actions à plusieurs niveaux.

Lutter contre les violences de genre nécessite en effet de mener des actions coordonnées, qui prennent en compte la complexité de cette question. S’il est ainsi essentiel de favoriser une prise en charge et un accompagnement adéquat des victimes de violences, cela n’est pas suffisant. Il est indispensable en parallèle d’interroger nos institutions et nos politiques sous l’angle du genre, pour prendre conscience des biais qui se reproduisent. Il est nécessaire également de mettre en place des politiques de prévention des violences pour transformer en profondeur les rapports de genre et les structures sociales sexistes qui sont à la racine des violences. Il s’agit de changer les mentalités et les représentations, de déconstruire les idées reçues, sensibiliser et éduquer, rappeler les droits et les responsabilités de chacun-e. Un travail de fond donc, qui demande du temps, de l’énergie, mais qui est ô combien essentiel.

Pour plus d’informations sur la campagne « ça veut dire non » : http://www.ville-ge.ch/caveutdirenon/

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