Aujourd’hui, la France a rendu un hommage vibrant à Simone Veil, décédée le 30 juin dernier à l’âge de 89 ans. Femme politique déterminée, féministe, humaniste, elle incarnait pour beaucoup l’émancipation des femmes. Toute sa vie durant, elle s’est démarquée par son refus du conformisme, son exemplarité et la force de ses valeurs. Elle laissera dans l’histoire européenne une empreinte immense.

Parmi ses combats, la dépénalisation des interruptions volontaires de grossesse restera certainement le plus marquant. En 1974, alors tout juste nommée Ministre de la Santé, elle réussit à faire passer devant une Assemblée nationale à majorité masculine (481 hommes et 9 femmes …) cette loi essentielle, dans un pays où chaque année 300’000 femmes mettaient leur vie en danger pour interrompre une grossesse non désirée. Un tour de force et un pas décisif pour les femmes françaises, qui ont acquis dès lors le droit de disposer librement de leur corps. En Suisse, il aura fallu presque trente ans de plus.

Bien sûr, la lutte pour les droits des femmes ne s’est pas arrêtée avec cette étape cruciale. Et ce d’autant plus, que la santé sexuelle et reproductive des femmes est régulièrement attaquée. En Suisse, le peuple a ainsi dû se prononcer en 2014 sur la fin du remboursement des IVG. Plus récemment, la presse mettait en lumière les difficultés et les moqueries auxquelles sont confrontées les femmes, principalement les jeunes femmes, qui souhaitent obtenir la pilule du lendemain. Chaque jour nous rappelle ainsi le chemin qu’il reste à parcourir.

Et puis, on le sait, le combat de Simone Veil pour les droits des femmes l’a rapidement confrontée à la haine. Féministe et juive, cela faisait beaucoup. Alors, il y a eu ces milliers de lettres abominables, ces insultes dans la rue et ces croix gammées sur les murs de son immeuble. « Je n’ai jamais ressenti autant de haine, une vraie haine, une haine qui veut tuer » dira celle qui a pourtant connu l’horreur des camps de concentration.

Ces derniers jours, alors que l’on célèbre la mémoire de Simone Veil, cette haine ressurgit, par-ci, par-là, insidieusement, sur les réseaux sociaux ou dans la rue. En France bien sûr, mais à Genève aussi. Elle nous rappelle combien il est essentiel de continuer à lutter contre les discriminations, contre les préjugés et l’ignorance. Dans ce cadre, je suis heureuse et fière que ma Ville s’engage de manière déterminée et mette en place des actions ciblées pour promouvoir l’égalité. Parce que rien, jamais, n’est acquis.

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