Hier soir, à l’occasion du trentième anniversaire du Bureau de l’égalité du canton de Genève, j’ai assisté avec beaucoup d’émotion à la projection du dernier film de Petra Volpe, « L’ordre divin ». Premier long-métrage de fiction sur le droit de vote des femmes en Suisse, ce film nous plonge avec finesse et humour dans la machocratie helvétique des années 1970. Ce faisant, il nous rappelle qu’il n’y pas si longtemps tout le corpus législatif suisse légitimait les inégalités entre les sexes ; et que jusque dans les années 1980 les femmes avaient besoin de l’accord de leur époux pour travailler et ouvrir un compte en banque. Autant dire qu’à cette époque, on était encore à mille lieux en Suisse des revendications de mai 68…

En cette journée nationale des femmes, on mesure donc le chemin parcouru. L’introduction du suffrage féminin en 1971, puis l’inscription dans la Constitution du principe d’égalité le 14 juin 1981 ont permis de réelles avancées en matière d’égalité entre les hommes et les femmes dans notre pays. Lentement, le sexisme a quitté la loi et les mentalités ont évolué.  Aujourd’hui, les femmes sont, à priori, libres. Libres de leur faits et geste, libres de devenir ce qu’elles sont, libres de leur sexualité. Les femmes suisses sont cheffes d’entreprise, professeures d’université, aventurières. Elles sont policières, cheffes d’orchestre, politiciennes, sportives d’élite. A priori donc, tout va bien.

Mais, dans les faits, il reste encore tant à faire. Chaque jour, des femmes continuent à être discriminées pour la simple raison qu’elles sont nées femmes. Chaque jour, elles sont confrontées à des inégalités en matière de salaire, de représentation politique et de rôle au sein de la famille. Elles sont confrontées au plafond de verre, au harcèlement sexuel, à la doublée journée. Le récent succès de la BD « Fallait demander » sur la charge mentale le met d’ailleurs bien en lumière.

Alors aujourd’hui encore, il est essentiel de continuer à se mobiliser pour l’égalité entre les sexes. Hommes, femmes, nous devons lutter ensemble pour briser les stéréotypes qui nous assignent des rôles réducteurs, nous limitent et nous entravent. Nous devons poursuivre sur le chemin initié par toutes celles qui se sont battues pour les droits politiques et l’autodétermination. Le film L’ordre divin nous montre bien que c’est la solidarité entre les femmes, le soutien mutuel qui nourrit le combat. C’est la même solidarité qui a été moteur lors la grève du 14 juin 1991.

En ce 14 juin 2017, mobilisons-nous ! Et courez voir cet excellent film !

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