Ce 25 novembre est la « Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes ». On se moque parfois de ces journées internationales que personne ne remarque, mais celle-là est l’une des plus pertinentes et ne devrait pas passer inaperçue.

Difficile de trouver un fléau plus universel et plus sournois. La violence à l’égard des femmes échappe souvent à l’attention publique puisqu’elle se produit dans l’espace domestique. Elle n’en est que plus destructrice pour les victimes, pour leurs enfants et leur entourage. C’est une tâche politique majeure de la combattre et de l’éliminer.

A Genève, un grand nombre d’associations mènent actuellement une campagne sous le slogan « ça veut dire non », avec le soutien notamment de la Ville de Genève. Cette campagne affirme une évidence toute simple : qu’il y a mille manière de signaler son refus et que quelle que soit la manière, il doit être respecté. Quel que soit le lieu, quel que soit le partenaire, quelles que soient les circonstances, non c’est non. L’ignorance de ce geste de refus est un viol de l’intimité de la personne.

La campagne « ça veut dire non » rappelle ce qui devrait aller de soi : le respect de l’intégrité du corps des femmes, du désir des femmes, de leur consentement. Elle rappelle que rien ne doit ni ne peut jamais justifier la contrainte. Or, il subsiste dans notre culture un potentiel intact de violence à l’égard des femmes.

C’est pourquoi, il est urgent et nécessaire que la législation fédérale soit enfin adaptée et que la distinction absurde entre viol et contrainte sexuelle soit supprimée. L’enjeu concerne la juste répression de toute forme de violence sexuelle, seule voie pour combattre légalement la culture implicite du viol qui n’a pas disparu de notre pays.

S’il est souvent difficile de dénoncer un viol, et encore plus de faire condamner le coupable, il est encore plus délicat de se défendre d’une violence sexuelle dans l’intimité. La campagne « ça veut dire non » attire l’attention aussi sur cette dimension parfois dangereuse de nos relations intimes. Là aussi, il y a l’expression de rapports de force le plus souvent défavorables aux femmes. Ainsi, l’intimité devient aussi un enjeu politique, et c’est heureux. L’intégrité des femmes doit être protégée partout parce que la violence peut s’exercer partout.

C’est pourquoi la Ville s’associe à la campagne « ça veut dire non ». Cette campagne est portée par un très grand nombre de partenaires dont je salue le courage et la persévérance. Il faut bien ça pour transformer les comportements et les sensibilités.

Ce 25 novembre a lieu une table ronde dans le cadre du festival Les Créatives sur le label « We can dance it », qui attire l’attention sur les comportements sexistes dans les lieux festifs. Plus d’informations sur le site : www.caveutdirenon.ch

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