A l’occasion de la grande manifestation unitaire de ce samedi 8 octobre à Berne contre le projet d’accord TiSA, il est utile de rappeler quelques bonnes raisons de résister à la marchandisation généralisée de notre monde.

L’accord TiSA se négocie depuis 2012 entre l’Union européenne et les USA. Il consiste en résumé à marchandiser les services, et donc à instaurer une concurrence entre prestataires publics et prestataires privés. Toute prestation publique pourrait être contestée par un organisme privé proposant la même prestation sous le prétexte d’une concurrence déloyale.

La logique qui préside à ce projet consiste à postuler que tout objet, toute relation, toute prestation a vocation à devenir marchandise, c’est-à-dire à être quantifiée par une valeur commerciale chiffrée. Or les services publics tels que la santé, l’énergie, la formation ou encore la sécurité correspondent à des besoins humains fondamentaux et sont nécessaires pour garantir le plein exercice des droits sociaux et de la citoyenneté.

Mais il y a un enjeu supplémentaire dont il faut tenir compte : la marchandisation généralisée présuppose que les ressources sont infinies et qu’on pourra toujours multiplier le nombre des objets disponibles pour l’échange commercial. Or l’accord de Paris sur le climat consacre la prise de conscience de la finitude des ressources de notre planète. Le postulat même de ce type d’accord de libéralisation de tous les échanges est contraire à l’esprit des accords si vitaux pour l’avenir de notre maison commune.

Ce qu’on observe depuis la fin du siècle passé est une sorte de fuite en avant au nom de la croissance économique à tout prix. Mais même ce but-là est raté : la libéralisation des échanges a conduit ces dernières années à des crises financières qui sont des freins à une croissance durable et saine de l’économie.

J’espère vivement que les gouvernements impliqués entendront enfin la voix de celles et ceux qui partout en Europe pour la défense d’un authentique service public.

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