Le week-end prochain, la population genevoise sera appelée à se prononcer sur 12 objets cantonaux et fédéraux d’importance. Parmi les objets cantonaux, figure le crédit de 21 millions de francs voté par le Grand Conseil pour permettre la libération de la caserne des Vernets par l’armée suisse et la reconstruction d’un bâtiment de stationnement sur le site de Meyrin-Mategnin. De quoi s’agit-il concrètement?

L’armée suisse occupe le site de la caserne des Vernets – propriété de l’Etat de Genève – depuis la fin des années 1950 ; un droit de superficie lui permet d’y rester jusqu’en 2040. Or, cette parcelle, d’une surface totale de 48’000 m2, située dans le périmètre du projet de renouvellement urbain « Praille–Acacias–Vernets », représente un site idéal pour accueillir des logements. Le canton souhaite ainsi y construire, dès 2019, 1500 logements, dont 66% de logements sociaux (LUP) dont les loyers seront strictement contrôlés par l’Etat. Le projet prévoit également 24’000 m2 d’activités et 8000 m2 d’équipements et de commerces, ainsi qu’un groupe scolaire. Pour réaliser ce vaste projet, le canton a récemment fait une offre de relogement à l’armée, l’idée étant d’adapter les trois sites genevois sur lesquels elle est déjà présente (Meyrin, Epeisses et Aire-la-Ville). En 2015, le Grand Conseil a voté le crédit destiné à la première partie de ce déménagement (construction d’une caserne à Meyrin). C’est cette décision qui est attaquée par le Groupement pour une Suisse sans armée (GSSA) et Solidarités.

La position des opposant-e-s à ce crédit est difficilement défendable. Bien sûr, je peux comprendre les réticences du GSSA à ce que Genève négocie avec l’armée, entité qu’il souhaite voir disparaitre. Je peux concevoir également que la facture puisse paraitre salée et faire gronder. Mais, face à l’urgence sociale, face à la précarité, nous ne sommes pas en situation d’ergoter. Il n’y a jamais de solution idéale. Et aujourd’hui, la pesée d’intérêt va clairement vers l’acceptation d’un projet qui permettra la construction rapide de 1500 logements au centre-ville. Il s’agit d’une priorité absolue.

Nous le savons toutes et tous : la situation en matière de logement à Genève est catastrophique. La pénurie qui prévaut depuis plusieurs années plonge de trop nombreux Genevois-es dans la précarité. En charge du Département des finances et du logement en Ville de Genève, je suis quotidiennement confrontée à cette urgence. Chaque jour, des dizaines d’hommes et de femmes se pressent aux guichets de la Gérance immobilière municipale (GIM), espérant trouver un logement décent. Face à leurs attentes légitimes, la marge de manœuvre de la GIM est faible. En 2015, la Gérance n’a en effet pu attribuer que 258 logements. Un chiffre bas, surtout lorsqu’il est mis en perspective avec la liste d’attente : au 31 décembre 2015, la GIM recensait en effet 4’100 demandes de logement actives, soit près de 300 de plus que l’an dernier à la même période. Je le redis : la situation est grave et nécessite de faire des choix. Et 2040, c’est beaucoup, beaucoup, trop loin.

Aujourd’hui, l’urgence, c’est de construire des logements. Le 28 février, il s’agira de revenir à l’essentiel et de ne pas camper sur des postures idéologiques. Pour le logement, pour Genève, pour ses habitant-e-s, il s’agira d’être censé, responsable, et d’accepter le projet proposé par le canton.

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