24 heures. C’est le temps qu’il aura fallu au Conseil municipal pour doter la Ville de Genève d’un budget 2016. C’est le temps qu’il aura fallu à la droite élargie (PDC-PLR-UDC-MCG) pour faire passer ses coupes. Et rappeler qu’elle est désormais majoritaire au sein du délibératif municipal. Le résultat est cinglant. Sans appel.

Pourtant, le Conseil administratif avait proposé un bon projet de budget 2016 ; un projet non seulement équilibré (avec une faible augmentation des charges de 0.26%), mais qui dégageait en plus un excédent financier (+8.2 mios). Un projet qui maintenait aussi toutes les prestations chères à la population genevoise et permettait même de redoter certaines politiques publiques (crèches, sécurité, formation des jeunes, entre autres). Bref, un projet de budget qui répondait aux attentes légitimes de la population – qui souhaite davantage de prestations, quelle que soit sa sensibilité politique – tout en étant financièrement responsable.

Contrairement au canton, la Ville de Genève jouit d’une bonne santé financière. Cela est rappelé par différentes études, qui saluent toutes les performances de gestion de la Ville. J’y reviendrai dans ces pages dans le courant du mois de janvier. Concrètement donc, il n’y avait aucune nécessité financière de procéder à des coupes dans un projet de budget excédentaire. Les motivations de la droite élargie ont répondu à une autre logique et le résultat est brutal :

  • réduction de 2% sur toutes les subventions accordées par la Ville de Genève;
  • réduction de 2.5% sur tous les mandats extérieurs (ligne 31) ;
  • réduction de 10% sur l’ensemble des Fonds généraux culturels (danse, théâtre, musique, chorale, cinéma) ;
  • réduction de plus de 600’000 CHF sur le fonds chômage ;
  • diminution de 50% des subventions du Fonds de soutien à l’innovation G’Innove ;
  • suppression de l’incubateur social ESSAIM ;

Ces coupes touchent de plein fouet la culture, l’action sociale de proximité, l’innovation, le développement durable et l’économie locale. Souvent, elles s’ajoutent à des coupes déjà annoncées ou effectuées au niveau cantonal. Infondées financièrement, elles pénalisent celles et ceux qui ont le plus besoin du soutien de la Ville de Genève et grâce auxquels elle est cette ville riche, foisonnante, innovante, multiple et rayonnante que nous aimons tant. Ces coupes affectent ainsi le monde associatif, qui déploie un travail remarquable, souvent bénévole ou faiblement rémunéré, et porte avec brio des politiques publiques essentielles. Elles affaiblissent un peu plus les artistes, qui doivent déjà faire face à l’incertitude économique et composer avec un statut précaire. Elles taclent l’économie locale, partenaire important de la Ville par les mandats qu’elle lui confie (la fameuse ligne 31). Elles touchent les plus précarisé-e-s, en rabotant les prestations complémentaires AVS/AI que la Ville verse aux retraité-e-s et en amputant le Fonds chômage d’une partie importante de son budget. Elles sanctionnent enfin les collaborateurs et collaboratrices municipaux, qui délivrent pourtant des prestations de grande qualité et sont au cœur de l’action de la Ville de Genève.

Aujourd’hui, Genève est sonnée et a mal à sa cohésion sociale. Elle est la grande perdante de ce débat budgétaire.

Vite, très vite, il faudra se remettre au travail. Et mettre en place une dynamique différente entre la majorité du Conseil municipal et le Conseil administratif. J’ai déjà exprimé à maintes reprises mon souhait et ma disponibilité à discuter, débattre, réfléchir, confronter mes idées avec les membres de la Commission des finances. Je les réitère ici. Bien sûr, nous ne serons pas souvent d’accord. Mais nous pouvons mieux faire. Nous devons mieux faire. Car nous sommes condamnés à travailler ensemble, sauf si les uns et les autres avons comme dessein de faire couler cette Ville et détruire tout ce qui fait sa spécificité et sa richesse.

Ce n’est certainement pas mon dessein. Espérons que ce ne soit pas non plus celui de la droite municipale.

 

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