Dimanche 18 mai 2014 : le peuple genevois accepte à 53,8% l’initiative «Stop à la hausse des tarifs TPG!» et refuse à 51,1% le crédit d’investissement pour les parkings relais. Lundi 19 mai 2014 : les critiques pleuvent sur le Conseil d’Etat, pour une campagne jugée faible, voire inexistante.

Cette configuration n’est pas nouvelle. Elle se produit quasiment à chaque fois que les autorités cantonales ou municipales perdent sur un dossier qu’elles défendent. On leur reproche leur manque d’investissement, leur silence coupable, voire même leur incompétence. Ce fut le cas de Michèle Künzler en 2013 lorsque le peuple acceptait pour la première fois l’initiative « Stop à la hausse des tarifs TPG! » et le mien, il n’y pas si longtemps, dans le dossier 022-Télègenève.

La critique peut être constructive et, en tant qu’élu-e, nous devons l’accepter. Cependant, dans le cas d’espèce, on oublie quand même un peu vite que le silence des autorités (Conseil d’Etat ou Conseil administratif) est imposé par la Loi sur l’exercice des droits politiques (LEDP). Cette loi, entrée en vigueur en 1983, interdit en effet depuis 2004 aux autorités de faire campagne sur les objets de votation durant le mois qui précède le scrutin. Durant cette période, seules sont autorisées la participation à des débats contradictoires ou la rectification d’informations erronées. Par contre, durant ces quatre semaines essentielles à la formation de l’opinion des citoyen-ne-s et alors même que tous les acteurs impliqués dans la campagne développent avec force leur argumentaire, les autorités sont muselées, réduites au silence. Impossible pour elles de prendre position publiquement, de défendre leurs intérêts alors même qu’elles portent la responsabilité du dossier soumis au vote.

Alors oui, les autorités pourraient prendre position avant ce délai de quatre semaines et c’est d’ailleurs ce qu’elles font. Mais l’enjeu est encore trop éloigné et les médias peu enclins à relayer des informations qui ne sont pas en prises directe avec l’actualité. Au final, le combat s’avère donc inégal, presque tronqué.

De deux choses l’une. Soit l’on admet les limites auxquelles sont confrontées les autorités lors de scrutins et l’on cesse de leur attribuer la faute en cas de défaite. Soit, l’on décide qu’elles sont responsables des dossiers en votation et l’on procède à une réforme de la LEDP pour qu’elles puissent participer au débat démocratique. Pour ma part, je suis clairement en faveur de cette deuxième option.

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