Comme annoncé il y quelques semaines, la Ville de Genève a placé le 22 mars dernier sous le signe de la diversité culturelle. Elle a en effet choisi cette date pour lancer le premier volet de son projet « Genève, sa gueule », qui vise à valoriser les différences et à documenter la diversité des Genevoises et des Genevois. Retour sur une journée riche en émotions.

En Ville de Genève, 47% de la population est d’origine étrangère. Alors que cette multiculturalité fait partie intégrante de l’identité de Genève, il n’en demeure pas moins qu’il n’est pas toujours facile d’être « étranger » en Suisse. Depuis quelques années, on observe en effet une forte augmentation des actes et des propos racistes, discriminatoires et diffamatoires.

Face à cette situation, la Ville de Genève met en œuvre des mesures ciblées pour contrer les discours stigmatisants et les stéréotypes liés à l’origine ou à la culture. Elle combat le racisme au quotidien et la banalisation des actes xénophobes. Elle lutte aussi contre le terreau propice au développement des sentiments de frustration et de haine, et s’engage concrètement pour modifier les conditions sociales qui poussent certain-e-s à chercher des boucs émissaires, à désigner des coupables imaginaires.

Le projet « Genève, sa gueule » s’inscrit dans cette démarche globale.

Samedi 22 mars, aux Bains des Pâquis, 70 participants – des habitué-e-s des Bains, mais aussi des nouveaux arrivant-e-s, des expatrié-e-s anglophones et des requérant-e-s d’asile – ont ainsi évolué autour de 5 stands, sous la devise : « En ville, chacun-e peut emprunter des chemins différents et choisir ses correspondance, mais c’est toujours en commun qu’on se déplace ». Au fil de la journée, les participant-e-s ont été amenés à indiquer le parcours qu’ils ont emprunté pour arriver jusqu’à Genève en plantant un clou et en tirant une ficelle sur un planisphère géant, à se faire photographier, à raconter leur version des mythes suisses (Heidi, le Grütli) et à narrer leurs relations avec leurs voisin-e-s ainsi que la vie dans leurs quartiers.

Tout au long de cette belle journée, les différents participant-e-s (même celles et ceux qui semblaient plus réticent-e-s au début) ont ainsi senti que leur place était reconnue dans la Ville, qu’ils la façonnaient. Je  me suis moi-même prêtée au jeu, en inscrivant le chemin emprunté par ma famille sur le planisphère.

Dans un contexte où les gens craignent d’aller les uns vers les autres, où l’on voit malheureusement des murs se dresser entre les citoyen-n-es, cette journée s’est affirmée comme un très beau moment de rencontres et d’échanges. J’aimerais donc remercier ici les Bains des Pâquis ainsi que tous les partenaires associatifs et les artistes et qui ont rendu cet événement possible.

Le projet « Genève, sa gueule » est désormais lancé et va se poursuive au long de l’année. Le résultat de ce travail et le portrait de Genève seront dévoilés en 2015. Je m’en réjouis d’avance.

Pour voir les photos de cette journée, c’est par ici.

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