Alors que le 9 février prochain la population se prononcera sur la vente par la Ville de Genève des  actions qu’elle détient dans la société 022 Télégenève, je voudrais revenir sur quelques éléments importants.

Pour commencer, il convient de rappeler que 022 Télégenève offre des prestations commerciales sur un marché devenu très concurrentiel. Face à elle, Swisscom, Sunrise, les SIG et même la Migros redoublent d’efforts afin de gagner des parts de marché. Pour rester compétitive, la société doit donc se développer. Mais ce développement a un coût. A titre d’exemple, confrontée au même type de défi, la Ville de Lausanne a voté en 2012 un crédit de 200 millions de francs pour moderniser son téléréseau. Se pose alors une question essentielle : est-ce le rôle d’une collectivité publique que de fournir du contenu audiovisuel ? En d’autres termes, est-il juste que la Ville de Genève investisse des millions de francs pour permettre aux foyers genevois de recevoir M6 ou TF1 plutôt que de consacrer ces sommes à la construction de crèches ou à la mise en place de prestations publiques pour les familles ou les aîné-e-s ? Le Conseil administratif et le Conseil municipal ont tranché. Et ont opté pour la vente.

Je le redis : les investissements sont aujourd’hui indispensables à la pérennité de 022 Télégenève. Après de nombreuses années de croissance, la société commence en effet à montrer des signes de faiblesse : entre 2012 et 2013, 10 emplois ont été supprimés, soit 9% du personnel de la société.  La vente apparaît ainsi comme la seule option pour maintenir la société et sauvegarder ses emplois.

Pour la Ville de Genève, cette vente constituerait une excellente opération financière. Lors de la création de la société en 1986, la Ville a en effet consenti une dotation de base de 2,3 millions de francs. En avril dernier, elle a conclu un contrat de vente avec la société upc cablecom pour un montant de 57.5 millions de francs. Si la population devait accepter la vente, la Ville réaliserait alors une plus-value de 55.2 millions de francs. Par ailleurs, les fruits de cette vente permettront à la Ville de renforcer le service public et de mettre en œuvre des actions essentielles pour le bien-être de la population. Finalement, pour la Ville, la vente de 022 Télégenève mettrait fin à une situation paradoxale, voire même schizophrénique. Car, en détenant 30% des SIG – qui ont fibré l’ensemble de notre commune et peuvent donc fournir les mêmes prestations que 022 Télégenève-, la Ville de Genève se trouve actuellement dans une situation d’autoconcurrence…

Certain-e-s s’offusquent du choix de l’acheteur. Je rappelle que la Ville n’a pas eu véritablement de marge de manœuvre. En effet, la convention d’actionnaires négociée en 2006 a placé upc cablecom dans une position de force, lui octroyant notamment le droit de la dernière offre. Dans ce cadre et alors même que peu d’acheteurs se sont montrés intéressés, upc cablecom avait un avantage indéniable sur ses concurrent-e-s. Par ailleurs, que l’on aime ou pas upc cablecom, il n’en reste pas moins qu’il s’agit du plus gros câblo-opérateur de Suisse. Cette position lui confère une solidité financière ainsi que des compétences métier susceptibles de maintenir et de développer au mieux l’activité économique de la société 022 Télégenève, et donc de sauvegarder l’emploi.

Pour renforcer le service public et garantir l’emploi de la société, il est donc important de voter oui à la vente de 022 Télégenève.

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