Au rang des mesures choc décidées par la Commission des finances lors de sa séance de novembre dernier figure également la volonté d’amputer d’un million de francs le budget de formation de la Ville de Genève. Cela signifie ni plus, ni moins, une baisse de budget de 40% ! Et donc d’importantes répercussions sur le fonctionnement même de l’administration municipale.

Il me semble en effet primordial de rappeler que si la Ville de Genève investit dans la formation, c’est avant tout pour permettre au personnel municipal d’améliorer ses performances. Car dans un monde professionnel en perpétuelle évolution, le développement et la mise à jour des compétences s’avèrent essentiels. C’est ainsi par exemple qu’en 2014, le projet de réorganisation des bibliothèques municipales nécessitera des formations spécifiques pour passer à la bibliothèque numérique et à une nouvelle approche du public.

Actuellement, la Ville de Genève consacre 2’600’000.- à la formation, ce qui représente 0,57% de la masse salariale. Ce budget est donc sensiblement équivalent à celui de la Confédération (0,6%) et du canton (qui vise le 0,5%). D’autres villes ont par ailleurs des budgets bien plus conséquents, à l’image de la Ville de Zurich qui bénéficie de 1% de sa masse salariale pour la formation. Si la décision de la Commission des finances devait être entérinée, la Ville de Genève se retrouverait donc largement en dessous des standards suisses.

Avec un budget réduit, la Ville pourrait certes assurer son programme de base (bureautique, formation HES des cadres, management des absences,  formation des utilisateurs-trice-s au portail RH ou à la gestion des dossiers administratifs, formation des apprenti-e-s, cours interentreprises et des associations professionnelles). Mais, les 500’000.- restant ne permettraient en aucun cas de couvrir les besoins en formation externes de son personnel, dans des domaines pourtant considérés comme prioritaires. Beaucoup de ces formations répondent en effet à des obligations légales ou sont jugées indispensables par les hiérarchies. Il en est ainsi par exemple de la formation continue obligatoire que doivent suivre tous les conducteurs et conductrices permis C/C1 et D/ D1 pour continuer à utiliser les véhicules de la Ville. Ou des formations en matière de promotion de la santé et de la sécurité.

J’ajouterai pour terminer que pour rationaliser les coûts, de nombreuses formations sont organisées en collectif et que des enquêtes annuelles permettent d’établir les priorités pour l’année suivante.

S’attaquer aujourd’hui à la formation est donc incompréhensible. Cela revient à s’attaquer frontalement aux performances d’une administration qui travaille pourtant au quotidien pour Genève et ses habitant-e-s.

Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn
Mots clefs: , , , ,