Etant en charge des questions de diversité, j’inaugurais ce lundi, aux côté de Madame Marcia Kran, représentante du Haut-commissariat des Droits de l’Homme, et de Monsieur Charles Beer, président du Conseil d’Etat, une plaque à la mémoire de Bartholomé Tecia, jeune étudiant piémontais torturé et condamné à mort pour « crime d’homosexualité », le 10 juin 1566.

Bartholomé Tecia ne fut pas le seul à avoir été torturé et condamné à mort en raison de son orientation sexuelle puisque, entre 1444 à 1662, rien qu’à Genève, pas moins de 31 hommes et deux femmes ont été condamnés à mort pour leur homosexualité. A travers Bartholomé Tecia, la Ville de Genève a donc souhaité rendre hommage à l’ensemble des femmes et des hommes qui ont péri à Genève et ailleurs, pour avoir commis le crime d’aimer en dehors des préceptes moraux de leur époque.

Je salue cette décision du Conseil municipal, l’engagement du Conseil administratif et des différents services de la Ville qui ont œuvré de concert pour mener à bien cette entreprise, ainsi que la persévérance de l’association Network. Ce travail de longue haleine aboutit aujourd’hui à la pose de cette plaque commémorative, sur les lieux mêmes du supplice de Bartholomé Tecia.

Il s’agit d’un symbole important, participant à un devoir de mémoire nécessaire. Cette plaque permettra en effet aux Genevoises et aux Genevois, ainsi qu’aux nombreuses visiteuses et aux nombreux visiteurs de notre Ville, de mieux connaître cet aspect de notre histoire locale. Elle leur permettra aussi de mieux connaître le passé pour mieux appréhender les inégalités du présent. Cela est essentiel.

En Ville de Genève, nous travaillons avec détermination contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre. A l’occasion de la 8e Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, le 17 mai dernier, la Ville a d’ailleurs souhaité rappeler son engagement et sensibiliser la population sur cette thématique.

Preuve qu’il reste encore beaucoup à faire, cette campagne a suscité quelques réactions inadmissibles : amalgames inqualifiables, attaques informatiques, dégradation des affiches, etc. Ces réactions montrent à la fois la nécessité de renforcer nos politiques publiques en matière de lutte contre les discriminations et celle de prendre des dispositions, en accord avec la nouvelle Constitution genevoise, pour interdire de tels propos ou actes, dont les conséquences peuvent s’avérer particulièrement destructrices, en particulier pour les jeunes LGBTIQ.

Dans ce cadre, la plaque à la mémoire de Bartholomé Tecia nous rappellera à notre devoir. Car c’est à nous toutes et tous qu’il revient de faire de Genève une ville exemplaire dans l’accueil et le respect de toutes ses habitantes et de tous ses habitants, quelle que soient leur orientation sexuelle ou leur identité de genre.

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