Suite à l’appel lancé par l’Union des Villes Suisses pour davantage de soutien de la Confédération, je débattais jeudi soir dans l’émission Forum. Je siège en effet depuis 2007 au Comité de l’Union des Villes Suisses, aux côtés de mes collègues de Bâle-Ville, Berne, Locarno, Lucerne, Monthey, Muttenz, Neuchâtel, Saint-Gall, Soleure, Thalwil, Thoune et Zurich. Retour sur des revendications légitimes.

 

Aujourd’hui, près de trois quarts de la population suisse vit dans des villes et des communes urbaines. 84% de l’activité économique y est réalisée.  Véritables laboratoires du vivre-ensemble, les villes sont également les points de cristallisation de l’innovation sociale et de la définition de solutions globales servant l’intérêt et le bien-être de l’ensemble de la population suisse.

Pourtant, les centres urbains ne pèsent pas lourd sous la coupole fédérale et manquent cruellement de soutien. Des exemples ?

Je pense tout d’abord au transport. Pour la région lémanique, on le sait, l’enjeu se situe principalement autour de la construction de la troisième voie ferroviaire entre Lausanne et Genève. Sur cette ligne, le nombre de voyageurs a plus que doublé entre 2000 et 2010. Et il devrait encore doubler d’ici 2030. Or, la Confédération participe de manière très superficielle aux coûts de son financement. Elle propose actuellement un paquet de mesures globales pour l’ensemble de la Suisse d’un montant de 3,5 milliards. Selon l’Union Suisse des Villes, ce montant devrait atteindre au minimum 6 milliards de francs…

Autre exemple ? Le projet d’agglomération et plus particulièrement le trafic d’agglomération, dont la politique se définit au niveau de la Confédération. Les enjeux sont ici aussi connus : depuis 1990, le trafic a augmenté de plus de 20% dans les agglomérations ; aujourd’hui, entre 85% et 90% des bouchons en Suisse naissent dans les agglomérations. Alors que la Confédération devrait verser 10 milliards de francs pour les projets prioritaires de deuxième génération, sa contribution se limite à 1,9 milliard de franc. Soit moins d’un cinquième des besoins avérés.

Face au manque de soutien de la Berne fédérale, les villes ont aujourd’hui des revendications sérieuses. Relayées le 30 août dernier par l’Union suisse des Villes lors de sa conférence de presse annuelle, ces revendications visent notamment une plus grande solidarité à l’égard des centres urbains et une participation renforcée dans les processus de décision, en adéquation avec le poids économique et social des Villes. Pour le bien-être de l’ensemble de la population suisse, gageons que ces revendications ne resteront pas lettre morte.

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