J’étais l’invitée de ONEFM ce matin pour parler du langage épicène. Voici mon édito :

Je m’adresse à toutes les femmes-grenouilles qui nous écoutent ce matin, à tous les sages-hommes, à toutes les sapeuses-pompières, à tous les esthéticiens. Je m’adresse à Madame la Directrice et à Monsieur le Maire. Je m’adresse à toutes celles et tous ceux dont la profession peut faire glousser, à toutes celles et tous ceux dont le métier fait jaser. Je m’adresse aussi à toutes celles et tous ceux dont on ignore le genre, qu’ils soient patrons, financiers ou médecins, qu’ils soient étudiants, carreleurs ou bucherons.

Bref, je m’adresse à vous toutes et vous tous pour vous rappeler que la langue n’est pas neutre et qu’elle véhicule son lot de clichés et de stéréotypes. Qu’il n’est pas anodin de choisir un terme plutôt qu’un autre et que dire animateur radio ou animatrice radio ne revient pas au même. Bien sûr, on me répondra que le masculin est neutre et qu’il a été choisi pour représenter tous les êtres humains. Mais, alors ne devrait-on pas m’appeler Monsieur ?

C’est pour sensibiliser la population à cette question que la Ville de Genève a décidé cette année de consacrer sa campagne sur le thème de l’égalité au langage épicène. Le langage épicène ? Mais de quoi parle-t-on ? Ce n’est pas un gros mot et bien mieux qu’un grand mot. Ce n’est pas non plus ma dernière lubie, mon dernier dada, ma nouvelle façon de passer le temps, n’en déplaise à mes plus coriaces détracteurs et mes plus fidèles détractrices. Non, le langage épicène n’est rien de moins qu’une autre façon de parler et d’écrire, un langage non sexiste, débarrassé de tout stéréotype et de tous clichés. Avec le langage épicène, la stigmatisation des hommes et des femmes vole en éclat, les rôles et fonctions s’ouvrent à toutes et tous. En clair, c’est la liberté retrouvée de devenir celle et celui que l’on a toujours été.

Bien sûr, comme toutes les avancées en matière d’égalité, le langage épicène divise, défrise, affole. Ca tombe bien, ce soir à 18h30, la Ville de Genève organise un débat sur cette thématique au palais Eynard. Pour évoquer cette nouvelle forme de langage, trois spécialistes du domaine : les linguistes Claire Forel et Stéphanie Pahud et l’écrivaine Thérèse Moreau. Trois femmes donc, et ce n’est pas faute d’avoir sollicité des hommes… Avec elles, nous aurons l’occasion d’y voir un peu plus clair et de nous questionner sur les possibilités et les limites de la langue française. Avis aux amateurs, enfin je voulais dire amateuses, non …. amatrices ! Bref, j’espère vous y voir nombreuses et nombreux !

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