Mardi 19 juin 2012. A l’issue d’une période de consultation de moins de 6 semaines, la direction de Merck Serono a confirmé par voie de presse la fermeture définitive de son site de Sécheron. Cette fois, c’est donc fini. Les propositions des employé-e-s ont été balayées les unes après les autres, sans égard pour le travail fourni. Une douche froide pour toutes celles et tous ceux qui y croyaient encore. Une nette impression aussi de ne pas avoir été écouté, de ne pas avoir été pris en considération. Un sentiment diffus de colère, renforcé par la faiblesse des propositions formulées par la direction du groupe. Car il est clair que le plan social n’est pas à la hauteur. Il se borne à quelques mesures cosmétiques et ne tient pas compte des sous-traitant-e-s. La mise à disposition d’un fonds de 30 millions d’euros pour soutenir l’entrepreneuriat des employé-e-s sonne faux, quand on se souvient que le groupe Merck a versé plus de 272 millions de francs de dividendes à ses actionnaires en 2011. Indécent, le mot est lâché.

Malgré la colère, malgré l’inquiétude, il nous faut aujourd’hui faire preuve de résilience économique. En clair ? Tirer les leçons de ce désastre en révisant les préceptes qui guident notre politique de promotion économique. Et revoir de toute urgence les conditions-cadres que nous offrons aux entreprises qui viennent s’installer à Genève. Le rendement économique à lui seul ne doit plus déterminer les choix du politique. Les dimensions sociales et environnementales doivent impérativement être prises en considération.

Il faut agir. Et vite. D’abord, si l’entreprise Merck Serono a bénéficié d’un allégement fiscal, le Conseil d’Etat doit en demander le remboursement, comme il s’était engagé à le faire. L’argent ainsi récupéré devrait être utilisé pour épauler les employé-e-s et les sous-traitant-e-s de l’entreprise.

D’une manière générale, l’Inspection cantonale des finances devrait auditer le fonctionnement de l’attribution des allégements fiscaux. Il devrait en particulier s’assurer du suivi des conditions posées  à l’octroi d’un allégement, comme l’a fait le Contrôle fédéral des finances avec l’arrêté Bonny.

D’ici aux discussions relatives aux deux initiatives fiscales du parti socialiste genevois, le Conseil d’Etat devrait également présenter les critères retenus dans le cadre de l’attribution des allégements fiscaux. Sur cette base, une discussion démocratique devrait avoir lieu. Pour ma part, je préconise l’ajout des critères sociaux suivants : quotas d’employé-e-s locaux (je proposerais 75%), quota d’apprenti-e-s (je proposerais 1%) et pourcentage des dividendes  (je proposerais 10%) à investir dans l’amélioration des conditions-cadres (logement, transport)

Cessons de gérer l’ingérable. Ne recommettons pas les mêmes erreurs et mettons-nous, dès aujourd’hui, au travail.

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