Limiter l’écart salarial de 1 à 20 dans les entreprises publiques était l’un des engagements pris par François Hollande durant sa campagne électorale. Passant des promesses aux actes, le gouvernement français a annoncé la semaine passée qu’il prendrait, dès à présent, les « mesures conservatoires nécessaires » pour éviter les excès de rémunérations dans les entreprises publiques, en attendant la loi qui introduira formellement le barème maximal de 1 à 20.

C’est bien, c’est très bien même. Mais on pourrait aussi aller plus loin.

Ainsi, en Suisse, la majorité des grandes entreprises publiques aux mains de la Confédération appliquent déjà ce barème. Comme le relève le Matin Dimanche du 3 juin, l’Etat (Confédération et cantons) fixe en effet des limites aux hauts salaires dans le secteur public. Ainsi, à l’exception d’un nombre très restreint d’entreprises liées à la Confédération et orientées vers le marché (telles que la Poste, les CFF et RUAG), l’écart des salaires entre le mieux rémunéré et le moins bien rémunéré n’excède pas le rapport de 1 à 20. En Ville de Genève, l’écart est de 4.5 et c’est déjà très, très confortable.

En comparaison, dans le secteur privé, l’analyse des rapports d’activités des 41 plus importantes entreprises cotées à la bourse suisse menée par UNIA montre qu’en 2011, un top manager recevait en moyenne 39 fois plus qu’un employé-e-s de la classe salariale la plus basse. UBS arrive en tête du peloton des plus grands écarts salariaux avec un rapport de 1 à 113, devant le Credit Suisse (1:107) et Novartis (1:104).

Pour cette raison, je soutiens l’initiative 1:12, déposée par la Jeunesse socialiste suisse le 21 mars 2011. Pour rappel, cette initiative vise à inscrire dans la Constitution un article selon lequel, dans toutes les entreprises, le salaire le plus élevé ne doit pas être plus de douze fois supérieur au salaire le plus bas.

Alors que le Conseil fédéral a recommandé en janvier passé de rejeter l’initiative 1:12, sans lui opposer de contre-projet, je continue à penser que cette initiative doit être soutenue et qu’elle représente une occasion unique de s’attaquer aux inégalités salariales en Suisse.

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