J’ai participé hier soir à la soirée annuelle de la Fondation communale pour le développement des emplois et du tissu économique en Ville de Genève (FONDETEC). Cette fondation – dont je vous ai souvent parlé dans ces pages – a été créée en 1997 par le Conseil municipal. Son but ? Soutenir des entreprises créatrices d’emplois et stimuler l’innovation.

Pour ce faire, la FONDETEC offre des prestations de financements (microcrédits) à des entrepreneur-se-s basé-e-s en Ville de Genève qui ne répondent pas aux conditions usuelles du crédit bancaire. Le succès de la fondation va croissant et témoigne d’un réel besoin : pour la seule année 2011, ce sont 45 nouvelles demandes de financement qui ont été adressées à la fondation ; au total, cette dernière a octroyé 21 crédits en 2011 pour un montant total de 2,8 millions de francs.

Aujourd’hui, la FONDETEC représente un instrument essentiel de la promotion économique municipale. Elle permet à la Ville de respecter l’un de ses principaux engagements : promouvoir à Genève une économie locale et durable, reposant sur un tissu économique diversifié. Cet objectif, élaboré en 2007 par le Conseil administratif, répond à un phénomène inquiétant : la monoculture des activités économiques à Genève.

En effet, depuis une cinquantaine d’années, l’économie genevoise s’est très fortement spécialisée ; à tel point que selon les derniers chiffres de l’OCSTAT, le secteur tertiaire représente dans le canton de Genève 235’700 emplois sur 277’200, soit plus de 85% du total. Le secteur secondaire ne représente quant à lui plus que 41’500 emplois, pour la grande majorité dans les branches de l’horlogerie et de la chimie. Signe de cette évolution, le nombre de multinationales implantées dans le canton de Genève a explosé, passant de 319 en 1975 à 931 en 2008. Leurs activités ? Négoce international, finance,  assurances et commerce de luxe pour la majorité.

En Ville de Genève, la tertiarisation de l’économie se fait également fortement ressentir. Entre 1995 et 2001, notre commune a ainsi perdu environ 4’000 emplois secondaires, compensés par un gain d’emplois tertiaires, principalement autour d’activités à forte valeur ajoutée. Aujourd’hui, on estime que près de 90% de l’activité sur le territoire communal relève du secteur tertiaire.

Résultat des courses, il est de plus en plus difficile pour des petites et moyennes entreprises de maintenir ou créer des activités en Ville de Genève. Les loyers des surfaces commerciales explosent, la concurrence est faussée. Aujourd’hui donc, le contexte socio-économique plaide fortement pour un appui déterminé aux entreprises locales et pour le maintien d’une économie diversifiée en Ville de Genève, tournée avant tout vers la satisfaction des besoins de la population genevoise, des entreprises communales et du marché du travail local.

Le projet de l’EcoPôle des Charmilles, qui devrait permettre la création de 300 emplois à l’horizon 2015, va également dans le sens d’un équilibre des activités économiques sur le territoire de la Ville et la création d’emplois locaux. J’espère que le Conseil municipal – qui est saisi depuis de longs mois d’une demande de crédit – sera sensible au développement d’une économie durable et responsable.

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