On pensait, naïvement, que l’équation publicitaire « voiture + femme = bon slogan » était dépassée. On pensait, dans un excès d’optimisme peut-être, que cette stratégie marketing avait été enterrée et qu’après plus d’un demi-siècle de rabâchage, les publicitaires avaient trouvé une autre idée. Et bien, on s’était trompé.

Giulietta, dernier modèle d’une célèbre marque de voiture italienne, est arrivée sur les murs de ma Ville. Après s’être poliment présentée, Giulietta invite les passants à l’essayer. Le résultat ? Un poétique : « Je suis Giulietta, essaye-moi.»

Douteux, dites-vous ?

Il est vrai que la version clip avait déjà donné le ton, l’actrice Uma Thurmann y déclarant : « Je suis Giulietta et je suis faite de la même matière que les rêves ». Sidérant.

On le sait : les représentations et les stéréotypes genrés sont partout dans notre société, démontrant que l’égalité entre les femmes et les hommes, inscrite dans la Constitution suisse depuis 1981, est malheureusement encore loin d’être une réalité. Le travail est ardu tant il est difficile de déconstruire des clichés qui ont la vie dure. Publicités, jouets et livres pour enfants notamment continuent à véhiculer une vision stéréotypée des femmes et des hommes, les cloisonnant dans des rôles figés et réducteurs. C’est la raison pour laquelle, en parallèle d’une action politique déterminée et volontariste, il est important de dénoncer ce genre de publicités qui alimentent des images restrictives de la femme comme de l’homme et les emprisonnent dans des stéréotypes idiots. Car au final, ce n’est qu’en déconstruisant ce type d’images que l’on pourra permettre à chacun-e de s’épanouir, dans le respect de l’autre.

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