2011 restera certainement comme une année charnière: crises économiques, crises nucléaires, révolutions dans le monde arabe, autant d’événements dont la portée devrait modifier durablement l’environnement international et le système de pensée.

Pour moi aussi, 2011 a été une année importante. D’abord, pour la confiance que les électrices et électeurs de la Ville m’ont témoignée en me réélisant au Conseil administratif de la Ville de Genève. Ensuite, parce que cette année m’a conforté dans l’idée que lorsqu’on est intimement convaincu-e que la cause pour laquelle on se bat est juste, la volonté et le courage peuvent soulever des montagnes.

Au niveau national, une très belle victoire peut être mentionnée : celle des artistes suisses contre la révision de la Loi sur l’assurance-chômage (LACI). Dans sa dernière mouture, la LACI exige en effet une activité de 18 mois de travail sur 24 pour ouvrir un droit à une indemnisation complète. Or, pour la majorité des artistes intermittents, cela est tout simplement impossible. Ils sont en effet soumis à de multiples contrats temporaires, entrecoupés de périodes d’inactivité. Réunis au sein du Comité 12a, les milieux artistiques suisses se sont donc battus, ensemble, contre cette décision injuste. A force de persuasion, ils ont obtenu du Conseil fédéral que les 60 premiers jours de leurs contrats (et non plus 30) compteraient double (art. 12a OACI).  Ils ont également obtenu du SECO que cette nouvelle règle soit applicable immédiatement – contre l’avis de l’administration fédérale -, et cela même dans le calcul rétroactif du droit actuel aux indemnités. La preuve que la raison peut parfois l’emporter sur des décisions purement administratives sans lien avec la réalité.

A Genève, l’arrêt de la chambre administrative du 26 juillet 2011 sur les prestations municipales a redonné le sourire à une grande partie de la population. Pour rappel, le canton avait exigé en février 2011 que la Ville mette un terme aux subsides supplémentaires qu’elle verse depuis 1987 aux retraité-e-s et invalides touchant déjà les prestations complémentaires AVS/AI. Or, ces prestations municipales, d’un montant de 185 francs mensuels pour les personnes seules et de 265 francs pour les couples, sont essentielles. Elles permettent bien souvent à ceux qui en bénéficient de joindre les deux bouts.  En estimant que ces prestations communales ne bafouent ni le droit fédéral ni la loi cantonale, la justice a donc donné raison aux valeurs sociales défendues par une municipalité de gauche contre les valeurs comptables d’un canton de droite.

Enfin, je pense au budget 2012, voté par le Conseil municipal, par 41 oui et 33 non, après 30 heures de débat et l’examen d’une septantaine d’amendements. Elaboré dans une période de crise économique, ce budget revêt en effet un caractère particulier : il jongle entre les moyens nécessaires pour garantir le bon fonctionnement des institutions municipales et les ajustements budgétaires rendus nécessaires par la crise financière. Dans un contexte tendu, il s’agit de maintenir des prestations publiques de qualité pour la population genevoise, notamment dans le domaine de la culture. Toutefois des sacrifices ont dû être consentis, notamment pour le personnel de la Ville: la suppression de la ligne salariale des nettoyeurs a été confirmée (460’000.- Frs), les allocations familiales augmenteront moins que prévu. Mais avec 1’148 milliards de charges et 1’148 milliards de revenus prévus, le budget 2012 de la Ville de Genève est équilibré, avec comme point de mire, une gestion des finances publiques aussi efficace que ces dernières années. Avec ce budget, la Ville continuera à gérer au mieux sa dette, en garantissant des finances publiques saines et pérennes aux citoyennes et citoyens genevois au regard des moyens dont elle dispose. Un grand succès.

Evidemment, cette année est marquée par quelques déceptions également. Je pense notamment à la décision de justice interdisant à la Ville de fixer un salaire minimum de 25 francs pour les nettoyeurs et nettoyeuses des bureaux de la commune. Mais 2012 sera l’occasion de remettre l’ouvrage sur le métier et, je l’espère, de trouver une issue juste à cette question.

Toutefois, cette année m’a conforté dans l’idée que je me fais de la politique et a renforcé mon engagement pour les valeurs auxquelles je crois. C’est sur cette note positive que je souhaite terminer 2011.

Je vous souhaite, à toutes et tous, une très belle année 2012 et vous donne rendez-vous dès le 9 janvier 2012 pour une nouvelle année d’échanges et de partage !

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