Invitée de ONEFM ce matin pour discuter des mes positions sur le développement de Genève, voici mon édito.


Mais qu’attend-on des hommes et femmes qui s’engagent en politique ? Notre trajectoire ne peut tout de même pas être confinée à l’espace, ô combien charmant, de la prise de parole lors d’inaugurations, fêtes et autres réjouissances ?

On n’attend certainement pas de nous que nous ouvrions la bouche que pour asséner des platitudes dont tout le monde se fiche, pour aller dans le sens où souffle le vent. Non, notre sourire ne se déclenche pas sur commande, nous ne sommes pas dressé-e-s à tendre la main et la joue à qui veut bien la prendre. Non, ce n’est pas nous ça. Ça n’aurait aucun sens. Celles et ceux qui nous ont fait confiance et qui ont voté pour nous, attendent vraisemblablement autre chose … Mais quoi au juste ? Ah oui, j’oubliais presque: faire de la politique. Proposer des solutions crédibles aux problèmes des gens, montrer que, dans la vie, il n’y a pas de fatalités, des aléas oui mais des solutions … Aussi. Toujours.

Or, voilà que je me risque depuis quelques années à faire de la politique: règlement sur les logements sociaux de la Ville de Genève, prestations municipales complémentaires pour les rentiers AVS/AI, politique fiscale et bien entendu politique économique … Autant de sujets politiques qui fâchent …

Ce matin encore. Et pourtant qu’ai-je dit qui mérite des réactions aussi vives? Tout simplement ce que beaucoup d’entre nous constatons : que le développement de notre canton n’est pas maîtrisé, pas équilibré, pas durable, que nous n’avons aucun recul sur les conséquences des politiques menées. Créer des emplois et des recettes fiscales, c’est bien. Mais pour qui au juste ? Car créer des richesses si elles ne sont pas équitablement réparties, ça sert à quoi exactement? Créer des emplois? Bien. Mais ne pas avoir les outils pour gérer les conséquences sur le logement, cela sert les intérêts de qui? Des Genevoises et des Genevois? Je demande à être convaincue. Autre souci sur lequel on pourrait se pencher, celui de la spécialisation de l’économie genevoise et sa dépendance toujours plus grande à des activités tertiaires ? Que se passera-t-il si la roue tourne?

Mais j’arrête là mon laïus car trop de politique dans une seule matinée, c’est presque suspect. Ça ne va pas arranger mon cas. Allez, je retourne inaugurer une allée de dahlias. Je n’ai aucune réponse à mes questions, mais j’ai un joli tailleur. Ça fera chic sur la photo.

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