Vendredi passé, je terminais mon blog par les questions suivantes. Mais au fait, trouvez-vous un logement à prix abordable ? Pensez-vous gagner suffisamment pour vivre correctement à Genève ? Votre fils ou votre fille a-t-il/elle trouvé une place d’apprentissage ? Votre retraite sera-t-elle suffisante ? Au-delà du caractère provocateur de ces questions, quelques éléments de réponse.

Le Conseil d’Etat conscient des inégalités sur le territoire de notre canton, a adopté en avril 2011 le projet de loi relatif à la « Politique urbaine de la cohésion sociale » (PL 10823). Le but de ce projet est « le maintien de la cohésion sociale en garantissant un cadre de vie social, économique, urbanistique et environnemental satisfaisant sur l’ensemble du territoire du canton de Genève ».

Afin de cibler et ancrer son action, le Conseil d’Etat a commandé au Centre d’Analyse Territoriale des Inégalités de Genève (CATI-GE) une étude sur la répartition des inégalités sur le territoire

De façon générale, on note qu’à Genève, si certain-e-s vivent dans un paradis fiscal, pour beaucoup d’autres, malheureusement, les conditions de vie ne sont pas aussi paradisiaques.

Alors que nous apprend cette étude ?

L’objectif est de rendre visible la répartition des inégalités sur le territoire. L’étude permet ainsi de hiérarchiser les communes selon 6 indicateurs de base, à savoir : le revenu annuel brut médian, le pourcentage d’effectifs scolarisés d’origine modeste, la part des contribuables à bas revenus, le pourcentage de chômeur-euse-s inscrit-e-s, la part de bénéficiaires de subsides sociaux, le nombre de bénéficiaires d’allocations logement.

Ainsi, une commune est potentiellement sujette aux actions de la « Politique urbaine de la cohésion sociale » si pour au moins 4 des 6 indicateurs retenus, la commune se situe dans le quartile le plus défavorisé.

Or, il est malheureusement triste de constater que la Ville de Genève remplit 5 des 6 indicateurs de base. Comme quoi, Genève, ce n’est pas que la rue du Rhône ! Les principaux quartiers de notre Ville touchés par une plus forte précarité sont les Pâquis, Les Délices – les Grottes, les Charmilles – Châtelaine, la Jonction – Plainpalais et le quartier de la Cluse – Philosophes.

D’autres communes connaissent des sous-secteurs fragilisés et qui concentrent une population importante, telles que : Vernier (les libellules, les Avanchets et le Lignon), Onex (Cité-Nouvelle), Meyrin (Prulay) et Thônex (Adrien-Jeandin).

Concrètement, notre Ville connaît un revenu annuel brut médian de 61 650 francs, soit la moitié de la population gagne moins de 61 650 francs par an. Les effectifs scolarisés d’origine modeste représentent 40.8% de la totalité. 28.6% des contribuables sont considéré-e-s comme bas revenus. Le taux de chômage atteint 4.54% parmi la population active entre 15 et 64 ans. 10.5% de la population fait appel aux subsides sociaux.

Il est grand temps d’appréhender la réalité et l’ensemble des enjeux ! Certes, à Genève, il peut exister une certaine insécurité que je ne conteste pas. En revanche, il existe une réelle précarité. Bien souvent invisible, cette précarité n’appartient pas qu’aux classes dites populaires, mais aujourd’hui, touche de plein fouet la classe moyenne. Notre PIB augmente, les riches deviennent toujours plus riches. Et les personnes précarisées de plus en plus nombreuses parmi nous.

Peut-être devons-nous tirer les leçons de cette étude et travailler dans l’intérêt des habitant-e-s de notre Cité ?

Concrètement, nous travaillons avec mes collègues du Conseil administratif de la Ville de Genève à mettre en place une délégation  sur cette problématique, afin de développer une politique des quartiers durables. Les résultats ? A venir…

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