Dommage ! Ce n’est pourtant pas faute d’y avoir cru, mais force est de constater que la nouvelle Constitution cantonale qui se prépare actuellement à l’Assemblée Constituante n’apporte aucun progrès.

Dernière déception en date, le droit d’éligibilité au niveau communal pour les personnes d’origines étrangères installées au moins depuis 8 ans.

Pourtant accepté en commission, cette réforme a été balayée en séance plénière et rangée dans un obscur placard. Plus exactement, le principe n’est pas inscrit dans le nouveau texte constitutionnel mais apparaît dans une disposition transitoire qui prévoit que le Conseil d’Etat devra soumettre le sujet au peuple 2 ans après l’éventuelle entrée en vigueur  de la nouvelle Constitution.

C’est un peu comme si on vous propose un vélo, mais que vous avez en option les roues, les pédales et le cadran à acheter séparément. Le centre-droit de la Constituante a donc botté en touche un droit que pour ma part je considère fondamental.

Pour moi, le rôle des élu-e-s consiste à porter des valeurs, des projets, à prendre des risques, à coller à la réalité, car notre société, notre Ville, notre canton, sont en constantes mutations. C’est bien d’ailleurs là, le but initial de l’Assemblée Constituante : redonner un coup de neuf aux principes et lois essentiels qui façonnent notre canton.

Au lieu de faire un choix, de porter un projet, l’Assemblée Constituante a choisi de ne pas choisir… Courage, fuyons !

Et pourtant. Notre Constitution, vieille de 1847, ne correspond plus à Genève et aux besoins de la population. Elle aurait besoin d’un bon coup de neuf, c’est moins que l’on puisse dire.

En revanche, si une chose n’a pas changé à Genève, c’est le taux de personnes d’origine étrangère vivant dans le canton. Depuis plus de 4 siècles, ce taux dépasse les 30%. Aujourd’hui, le canton de Genève compte 40% de personnes d’origine étrangère et la Ville de Genève, 46%.

Pourtant, ces 46% « d’étranger-ère-s » vivent et participent tous les jours à faire de Genève ce qu’elle est. Sans ces femmes et ces hommes, Genève ne tournerait pas ! Alors pourquoi la politique tournerait-elle sans elles et eux ?

Face à cette réalité, l’Assemblée opte pour le non-choix, le non-débat, le compromis tiède et insipide. Edifiant ! Pour ma part, j’ai toujours préféré l’affrontement d’idées, le combat de visions plutôt que l’absence de choix, le vide, l’abîme. Les citoyen-ne-s de Genève méritent mieux que ça !

Genève change, la Constitution pas ! Dommage…

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