Comment peut-on vivre à Genève en gagnant 18,20 francs de l’heure ? Franchement, mal ! Et pourtant, c’est le salaire que touchent des hommes et des femmes dans le domaine du nettoyage. Ce tarif horaire est fixé par la convention collective du nettoyage.

La Ville de Genève, en tant que mandante d’entreprises pour ce type de prestations, se doit d’agir de façon responsable et cohérente. Et ne peut en conséquence encourager une telle rémunération, synonyme de précarité.

Rappelons qu’en Suisse, un-e salarié-e sur neuf touche moins de 3’800 francs par mois. Appelons un chat un chat : avec un tel salaire et des enfants à charge, le système économique crée des « travailleurs pauvres ». Des personnes qui travaillent mais ne peuvent vivre décemment de leur revenu et doivent compléter en recourant aux services d’assistance sociale.

Il est absolument scandaleux, que dans un pays aussi riche que la Suisse, Genève, place financière internationale, on accepte de telles conditions de travail.

A Genève, le revenu imposable des 14% les plus riches de la population a augmenté de 10.3% entre 2003 et 2007, alors que pour les 86% restant, ce revenu n’a crû que de 0.5%. Pire encore, les demandes auprès de l’Hospice général ont augmenté ces deux dernières années de 20%. Depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur le chômage, c’est près de 300 nouvelles demandes qui arrivent chaque mois.

Alors, franchement, si les riches deviennent toujours plus riches, tant mieux pour eux/elles. Mais que le nombre de pauvres augmente, c’est inacceptable !

C‘est pourquoi, la Ville de Genève, dans son rôle d’employeur responsable, et de collectivité publique, garante de la cohésion sociale et de la qualité de vie de ses habitant-e-s, se doit de favoriser des conditions de travail dignes.

Concrètement, la commune propose une mesure inédite, une première en Suisse. Assurer à tous-tes les employé-e-s en charge du nettoyage de ses bâtiments administratifs, un salaire de 25 francs de l’heure. En contre partie, les entreprises proposent une formation diplômante d’ « employé-e d’entretien » donnant accès à une catégorie salariale supérieure.

Pour ces 250 employé-e-s, cela représente une réelle amélioration des conditions de vie. Pour la Ville, c’est un différentiel qui atteint moins d’un million de francs. Le jeu en vaut la chandelle.

Je pense que c’est là, un grand pas en avant. Les marchés publics ne doivent pas toujours conduire à un alignement vers le bas.

Il reste toutefois encore beaucoup à faire pour assurer des conditions de travail plus justes aux employé-e-s dans un grand nombre de secteurs. De moins en moins de salarié-e-s sont protégé-e-s par des conventions collectives et celles-ci sont de plus en plus difficiles à renégocier. Le salaire minimum, tel que proposé à 22 francs l’heure par l’Union Syndicale Suisse, apparaît donc comme une solution cadre contre la sous-enchère salariale.

Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn
Mots clefs: ,