Le Conseil d’Etat est très fier de son bilan relatif à la promotion économique et il y a de quoi. Jamais Genève n’a connu autant d’arrivées de multinationales. Le gouvernement cantonal s’enorgueillit des emplois créés et des recettes fiscales enregistrées. Dernier en date, le  siège Europe, Moyen-Orient et Afrique du groupe américain Newell Rubbermaid, entreprise spécialisée dans le matériel de bureau et d’écriture.  Près de 150 emplois créés, une centaine devrait être pourvu par des expatrié-e-s.

Avant toutefois de céder à la liesse générale, quelques questions méritent d’être posées ….

S’agissant du logement, thématique chère aux Genevois-e-s : où vont loger les nouveaux arrivant-e-s ? A quelles conditions ? Les entreprises participent-elles au financement du loyer ? Ont-elles des relais privilégiés au sein de régies ou auprès de propriétaires ?

S’agissant de la création d’emplois et afin de mieux comprendre la plus-value exacte de ces implantations. Sur le marché local du travail, les entreprises sont-elles génératrices d’emplois locaux ? Si tel est le cas, de combien, quel type de profil de compétences  et pour quel salaire ?

S’agissant de la politique fiscale : quels sont les arrangements fiscaux qui président à la venue de ces entreprises ?

Sans vouloir polémiquer, je note que Newell Rubbermaid, groupe international qui pèse plus de 5 milliards de chiffre d’affaire, propriétaire des marques Reynolds, Parker, Waterman… est un concurrent direct de Caran d’Ache. J’estime fort probable que la multinationale soit au bénéfice de quelques mesures fiscales favorables (taux d’imposition de 11.65% pour les sociétés auxiliaires et probable allégement fiscal supplémentaire). De son côté, Caran d’Ache est imposée à un taux de 24.3% et ne dispose pas de mesures d’allégement particulières. Or, on parle ici d’une entreprise qui embauche localement, fait tourner l’économie genevoise et incarne une image positive de la Suisse à l’étranger.

On me rétorquera que c’est précisément pour cela que le Conseil d’Etat souhaite baisser la fiscalité des entreprises suisses. Mais pourquoi, ne pas augmenter la fiscalité des entreprises multinationales ?

Aujourd’hui, Genève connaît une ultra attractivité qui ne profite pas à un développement durable et harmonieux. La machine s’est emballée et la pression sur notre territoire est objective, visible, vécue. Pourquoi continuer sur une voie qui nous mène indubitablement à la prochaine crise et qui sacralise les inégalités. Qu’avons-nous à y gagner ?

J’aimerais que l’on réponde à mes questions avec transparence et j’aimerais me tromper quand je pense que cette fuite en avant ne profite qu’à un tout petit nombre et précarise tous les autres.

Et vous qu’en pensez-vous ?

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