Pour comprendre une pièce de théâtre ou juger d’un film, il faut regarder jusqu’au bout. En politique, c’est un peu la même chose. Lorsqu’on défend des valeurs, lorsqu’on pense que la cause est juste, il faut aller jusqu’au bout, sans se laisser décourager par le cynisme des uns ou le défaitisme des autres.

Dans le cas de la révision de la loi sur l’assurance-chômage (LACI), c’est exactement ce que la Ville de Genève a fait. Elle a pris position contre la LACI, en arguant que celle-ci représentait un recul social important et induisait un report de charges inacceptable sur les villes (environ 100 millions). Lorsque la loi a été votée, la Ville a prêté une oreille attentive à celles et ceux qui, particulièrement touché-e-s par le nouveau dispositif légal, portaient solidairement des revendications d’amélioration. Ce fût le cas notamment avec les intermittent-e-s du spectacle.

Ces dernier-ère-s se sont fortement mobilisé afin d’atténuer le choc de la nouvelle loi qui prévoyait d’exiger 18 mois de travail pour avoir droit à une indemnisation complète. Car, comprenez bien, les artistes, quelque soit le domaine d’expression, ne sont salarié-e-s que durant de très brefs laps de temps. Exemple : un-e rélisateur-trice est payé durant le tournage de son film mais pas pour le temps où il-elle a monté le projet, trouvé les acteur/trice-s etc …. Il est donc très difficile, même lorsqu’on atteint une renommée internationale, de cotiser durant 18 mois de suite.

Dès lors, la loi sur le chômage précarisait fortement les milieux culturels. Impensable pour les autorités de la Ville de Genève, ville de toutes les cultures. Car comment accepter la marginalisation, la paupérisation et à terme la disparition d’une partie de celles et ceux qui font la richesse de notre commune ?

La Ville a donc soutenu la revendication du  Comité 12A, défenseur de la cause des intermittent-e-s, auprès du Conseil fédéral.

La revendication ? Doubler les deux premiers mois de contrat des intermittent-e-s afin de ne pas péjorer une actuelle situation, déjà peu enviable.  Le gouvernement fédéral a entendu et répondu favorablement à cette requête. Hélas, le SECO, chargé de l’application de la loi sur le chômage en a décidé autrement (voir article sur le blog).

On aurait pu en rester là. Se satisfaire de cette demi-victoire. A Genève, des centaines d’intermittent-e-s auraient été ainsi pénalisé-e-s. En Suisse, beaucoup plus.

Et bien NON ! Nous avons décidé de ne pas nous satisfaire d’une demi-défaite. Afin d’être entendu, nous avons avec le Comité 12A réécrit, avis de droit à l’appui, au Conseil fédéral ….  contre toute attente, les sept sages, nous ont donné raison. Il y a quelques jours, le SECO a admis le bienfondé de la requête.

Ainsi, ce sont plusieurs milliers de personnes du monde du spectacle, à Genève et en Suisse, qui vont pouvoir bénéficier d’une application de la loi qui ne réduise pas leur possibilité à obtenir des prestations de l’assurance chômage. Pour les intermittent-e-s et pour le Comité 12A, c’est une petite victoire sur le long chemin de la reconnaissance. Pour nous, c’est la satisfaction d’avoir été cohérent, d’avoir défendu le droit à des prestions sociales de qualité, d’avoir joué notre rôle. Ni plus, ni moins.

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