Les salaires moyens des Suisse-sse-s n’ont pas augmenté en 2010 selon l’Office fédérale de la statistique (OFS). Arrêt sur image !

Dans les colonnes de la presse romande, on peut lire, ce matin, que l’année 2010 a été « nulle » en terme de pouvoir d’achat. Selon l’OFS, l’augmentation moyenne des salaires tous secteurs confondus est de 0.8%, mais une fois le taux d’inflation soustrait (0.7%), il ne reste qu’une augmentation du pouvoir d’achat de 0.1%. Depuis, 1999, jamais l’augmentation moyenne des salaires n’avait été aussi faible. Mais peut-on parler d’augmentation équitablement répartie, pour toutes et tous ?

Non, of course ! Comme le relève la Tribune de Genève, le secteur bancaire reste “naturellement” le gagnant avec une augmentation du pouvoir d’achat de 0.8%. Les perdant-e-s sont les travailleur-euse-s du secteur textile et du commerce de véhicule qui ne connaissent qu’une augmentation salariale moyenne de 0.2% et 0.3%. Dans les faits, une perte sèche de 0.5%.

Si l’inflation et le coût de la vie sont les mêmes pour toutes et tous, les salaires, quant à eux, n’évoluent pas de la même façon pour toutes les travailleuses et tous les travailleurs.

Comme le relève l’Union Syndicale Suisse (USS) dans le Journal de la TSR d’hier soir, les écarts salariaux augmentent bien davantage que les salaires ne croissent.

Ainsi, en 2004, le quart de la population le mieux payé gagnait 3.1 fois plus que le quart le moins bien payé, alors qu’en 2008, cet écart est passé à 3.7.

Mais ce qu’il y a encore de plus marquant, c’est l’écart du revenu disponible entre une famille de 4 personnes avec un revenu de 100 000 francs par année et une famille identique gagnant 200 000 francs par année. La première a vu son revenu disponible diminuer de 1 400 francs en 8 ans. La plus riche a enregistré une augmentation de revenu de 19 300 francs sur la même période. Vous avez dit égalité ?

Cet écart s’explique, selon Jean-Marc Falter de l’Observatoire universitaire de l’emploi de Genève, par un phénomène global d’érosion des salaires des personnes à basses qualifications et à l’inverse une augmentation moyenne des salaires des individus à haut niveau de qualification.

Finalement, ces chiffres tirés d’un rapport de Travail Suisse, accentuent encore un peu plus le constat d’inégalité croissante. Depuis 2002, l’écart salarial entre le salaire le plus bas et le salaire moyen par membre de la direction d’une même firme s’est creusé de 70% parmi les plus grandes entreprises de notre pays.

Est-ce à dire qu’il devient urgent de définir une politique économique suisse qui profite réellement à toutes et tous ? La réponse est affirmative. A mon sens, nous devons répartir plus équitablement les fruits de la croissance et poser les règles d’un système économique plus juste ! Juste pour nous mais plus juste également en regard des disparités tragiques qu’il existe entre pays. “Plus riches au détriment des autres”;  “plus riches sur le dos des autres” …. voilà des logiques très éprouvées dont nous devrions rapidement nous éloigner.

Les salaires progressent faiblement, 20 minutes (08.04.11)

Les salaires ont stagné en 2010, Tribune de Genève (08.04.11)

Salaires des managers: aucune leçon n’a été tirée de la crise, rapport Travail Suisse (21.06.10)

Salaires en Suisse: l’Union syndicale suisse dénonce une inégalité croissante, Journal TSR (07.04.11)

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