Nous avons parfois la mémoire courte, sélective … mais quand même. Qui a oublié la crise mondiale de 2008, celle qui a plongé des millions de personnes dans la précarité, et impose, via le FMI, des régimes ultra stricts aux Etats européens surendettés ? En Suisse aussi, souvenez-vous de l’UBS prétendument au bord de la faillite, le recours aux deniers publics pour sauver l’établissement et ses emplois.

Aujourd’hui, la banque se porte mieux ; elle a annoncé 7,2 milliards de bénéfice. Belle manne pour les actionnaires.

Alors quoi? Un retournement spectaculaire de situation dû à la «main invisible», le fameux principe d’autorégulation des marchés? Non. Car cette fois, comme bien d’autres, la main invisible a plongé dans le porte-monnaie des contribuables. 6 milliards, c’est pas mal pour une entreprise «too big to fail». A Genève, également, on se souvient de la dégringolade de la BCGe et de son gouffre de 2,3 milliards. Pas mal, aussi.

Ainsi, force est de constater qu’au-delà du mythe et de l’arrogance affichée, les entreprises ont besoin des pouvoirs publics. Les habitant-e-s, aussi.

A l’échelle d’une commune comme Genève, cela se vérifie tous les jours. A titre d’exemple, le logement. N’a-t-on pas toutes et tous droit au logement ? Dans les textes peut-être, mais pas dans les faits.

Le logement à Genève est désormais un luxe, plus que jamais un objet de spéculation féroce. Rare, cher, parfois de piètre qualité. Après avoir été la première génération de parents à nous questionner sur l’avenir professionnel de nos enfants, nous en sommes à nous demander où ils pourront se loger. Incroyable indécence d’une société où les grosses fortunes ne font qu’augmenter. Face à cela les pouvoirs publics peuvent et doivent faire la différence. C’est le cas en Ville, précisément pour le logement.

Durant ces 4 années, la commune a construit 117 logements et facilité la construction de 1’000 logements.

C’est bien, mais ce n’est pas assez pour un canton qui accueille annuellement 4600 personnes et ne construit que 1500 logements, parmi lesquels 60% en loyer libre et ppe.

Alors que faire, se résigner ? Non et non. Car notre Ville change. Chaque jour, elle se transforme en Ville ghetto pour les plus riches, règne de la finance et du commerce international, espace de luxe. Regardez les rues basses et l’hyper centre. Regardez comment les loyers s’envolent avec l’arrivée de vos nouveaux voisin-e-s.

Pour changer de cap, pour maintenir une ville ouverte, mixte, accueillante, il n’y a pas 36’000 moyens. Les pouvoirs publics doivent être présents, forts, disposer de moyens financiers (donc de recettes fiscales). Les mois et années à venir seront à cet effet déterminantes.

Extrait de la Tribune de Genève, page 2  (15.03.11).

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