Pour les Genevoises et les Genevois qui ont eu l’opportunité d’assister aux trois débats sur la Gouvernance mondiale que nous avons mis sur pied avec l’Université de Genève, une chose est certaine : il n’y a pas de doute, Genève est le lieu où se pense et se met en œuvre l’émergence d’une gouvernance à l’échelle planétaire.

Même si Genève est chère et s’il est difficile de s’y loger, même si la concurrence avec les autres villes où s’élaborent les politiques mondiales, telles que New York, Bruxelles, Nairobi, Bonn, Paris ou Vienne, Genève garde – et gardera probablement – un avantage comparatif important. Pourquoi ?

Parce que les hasards de l’histoire, et notamment la place de la Suisse pendant la guerre froide, ont fait de Genève un lieu aujourd’hui unique et incontournable : l’endroit au monde où le nombre de personnes dont les activités se réalisent à l’échelle mondiale est le plus important au monde, si on le compare à la population totale de notre ville ou même de notre agglomération franco-valdo-genevoise.

Cette densité exceptionnelle de talents, d’intelligences, d’expériences et de compétences dans presque tous les domaines que touche la politique internationale (des droits humains à la santé et au travail, du commerce au développement durable et à l’environnement, de la migration et du refuge à la météorologie et au climat, du désarmement à la paix), et dans une très grande diversité géographique et culturelle, fait de Genève une ville singulière.

Mais ne nous y trompons pas : la Gouvernance n’est pas le gouvernement ! Elle est ce difficile « bricolage » qu’inventent par leurs interactions complexes les différents types d’acteur-rice-s impliqués par leurs activités quotidiennes dans la marche du monde : les Organisations internationales et multilatérales, les ONG internationales, les entreprises multi- ou trans-nationales, et surtout les Etats, car nous vivons encore dans un système mondial où la pièce maîtresse de l’élaboration politique reste l’Etat souverain, le seul espace public d’ailleurs où s’opère le contrôle citoyen.

Il n’y a pas de gouvernement du monde et le monde n’en a probablement pas besoin ! Il ne serait ni utile ni opportun, comme l’a rappelé Monsieur Pascal Lamy, le Directeur général de l’Organisation mondiale du Commerce, de « créer un machin pour coordonner les machins ».

Ceci n’empêche pas comme l’a indiqué hier Madame Cécile Molinier, Directrice du Bureau du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) à Genève, que la coordination sur le terrain du développement est non seulement tout à fait effective, mais qu’elle progresse régulièrement en efficacité. Ce n’est qu’au niveau global, celui où les Etats sont le plus souvent limités par leurs propres contradictions internes, que la coordination reste problématique. A nous les citoyen-ne-s d’exiger la cohérence !

Enfin, comme nous l’a indiqué Monsieur Christophe Bouvier, Directeur régional du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) à Genève, l’intégration dans la gouvernance mondiale de la société civile transnationale doit rester un souci constant ; la mise en place du GEN (Geneva Environmental Network) est un excellent exemple de réponse à ce défi majeur de mondialisation qu’est la démocratisation planétaire.

Voilà peut-être la prochaine mission, pour la Ville de Genève : contribuer à apporter modestement sa pierre à la Gouvernance mondiale, en favorisant l’émergence et la consolidation de la société civile transnationale et en lui offrant, ici, c’est-à-dire en face du monde onusien et diplomatique, les plateformes dont elle a besoin.

Alors, une dernière fois, merci à toutes et tous… et en route vers de nouvelles aventures !

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