C’est tout de même surprenant : lorsque la Ville de Genève, dont je suis la responsable des finances, dégage un boni de 81.1 millions de francs et ce sans la moindre coupe dans les prestations publiques, certain-e-s s’en offusquent et nous le reprochent. Presque le monde à l’envers !

Hier, mercredi 23 mars, j’ai présenté les comptes de la Ville qui cette année dégagent un excédent financier. Ces bons résultats proviennent d’une très bonne maîtrise des charges (un sou et un sou) et de recettes fiscales plus abondantes que prévues.

Que fait-on alors du bénéfice ? Eh bien, on rembourse la dette (diminuée de 430 millions durant cette législature). On contribue ainsi à diminuer la pression sur les générations futures. On favorise également la possibilité de mener dans les années à venir une politique conjoncturelle (en cas de crise, on surinvestit afin de favoriser une sortie rapide de la crise économique).

Cette politique me paraît juste, surtout, et c’est le cas, si l’on poursuit une politique attentive aux besoins des habitant-e-s.

Or, pour les partis de droite, pourtant d’habitude obnubilés par la dette publique, cette politique est une mauvaise politique. Pourquoi ? Eh bien, car il faut baisser les impôts. Et oui, baisser les impôts à celles et ceux qui ont les moyens (forcément ce sont eux qui en paient le plus) et aux entreprises (surtout le secteur bancaire et financier).

Mais ce que la droite oublie, c’est que les impôts permettent de financer des prestations publiques (en vrac : crèches, écoles, restaurants scolaires, maisons de quartier, logement social, musées, théâtres, festivals, entretien des parcs et espaces verts, ramassage des déchets, police municipale, pompiers …). Alors, je persiste et signe moins d’impôts, c’est moins de prestations. A ce jeu-là, seuls les plus fortunés d’entre-nous s’en sortent. Ce n’est pas le projet de société que je défends.

Pour ma part, je trouve normal, oui normal, que les uns et les autres nous payions des impôts. Nous profitons toutes et tous des prestations publiques. De la même façon, je trouve normal que les entreprises paient des impôts et surtout celles qui gagnent beaucoup d’argent. Après tout, les entreprises et leurs salarié-e-s profitent aussi de la qualité de vie générale.

Et ne nous leurrons pas, contrairement à ce que l’on cherche à nous faire croire, les baisses d’impôts ne profitent pas à tout le monde de la même façon, elles ne sont pas imaginées pour les classes moyennes et les familles et encore moins pour les petits commençant-e-s. Pour vous en convaincre, jetez un coup d’œil sur votre bordereau de taxation 2010 : combien la baisse d’impôts vous a-t-elle rapportée ?

A celles et ceux qui souhaitent aider les familles, je propose par exemple de voter au parlement cantonal une plus large enveloppe aux TPG afin de baisser le prix du billet. A celles et ceux qui veulent aider les entreprises, plutôt que de supprimer la taxe professionnelle, je propose de faire cesser la spéculation sur les locaux commerciaux qui vide le centre ville de ses commerces locaux.

Finalement, en ma qualité de cheffe des finances de la Ville de Genève, je ne peux que me réjouir des comptes positifs enregistrés par ma commune. Cette bonne nouvelle me permet d’envisager plus sereinement l’avenir et me donne les moyens financiers de concrétiser certains projet essentiels pour mes habitant-e-s : plus de crèches, de logement et de places d’apprentissage, par exemple.

Pour plus d’informations sur le sujet :

La Ville dégage un boni: baisse d’impôt possible? Tribune de Genève (24.03.11)

Genève présente un excédent de 81.1 mios. 20 Minutes (24.03.11)

Interview à “Genève à chaud”, Léman bleu (23.03.11)

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