Avec un taux de vacance de 0,2%, le logement est un véritable fléau pour la plupart des habitant-e-s du canton. Chacun-e y va de sa proposition. La solution la plus entendue est : il faut construire. Résultat, toujours rien ne se passe. Pas de nouvelles grues ni de nouveaux logements. Pour ma part, je pense que d’autres possibilités existent afin d’oxygéner Genève de cet étranglement.

Le canton de Zurich nous en montre très clairement l’exemple. En février 2009, les Zurichois-e-s ont accepté lors d’une votation populaire la suppression des forfaits fiscaux. Ces forfaits sont proposés aux étranger-ère-s les plus riches en établissant un impôt pour ces personnes, globalement, en fonction de leurs dépenses. Cela représente un attrait important, pour des grandes fortunes étrangères, à venir s’installer dans quelques-uns des paradis fiscaux cantonaux qui proposent de tels forfaits. Genève fait partie de ces « refuges monétaires » avec 645 forfaitaires en 2007.

Depuis la suppression de ces forfaits dans le canton de Zurich, une cinquantaine sur 208 forfaitaires fiscaux ont fait leurs valises. Dès lors, la crise immobilière a désenflé et les rentrées fiscales ont accru. Cela s’explique très simplement: les grandes fortunes étrangères, attirées par les avantages fiscaux, créent une surenchère des loyers. « Ces forfaits leur permettent parfois d’économiser deux millions en fiscalité, les acquéreurs ne sont donc pas à un million près pour leur villa » déclare Nicolas Grange, président du réseau Courtiers Partenaires, à la Tribune de Genève.

Dans le cas de Genève, l’écart moyen entre la somme que peut mettre un-e Suisse-sse et un-e étranger-ère est de 17% pour un appartement. Cette différence s’accentue pour les villas et passe à 80%. Cet écart de potentiel économique, les agents immobiliers s’empressent de la traduire en augmentant les prix des logements.

Avec la suppression des forfaits fiscaux à Zurich, une grande partie de ses bénéficiaires sont partis. Résultat, selon la règle de l’offre et de la demande, les loyers sont descendus car personne n’avait les moyens d’acquérir de tels logements. De plus, les rentrées fiscales pour les communes du canton se sont accrus en supprimant ces cadeaux aux plus riches.

Abolir les forfaits fiscaux représente donc une véritable solution pour endiguer la crise du logement qui sévit dans notre canton. Si l’on veut agir, voilà qui constitue déjà une première piste. De plus, c’est une rentrée supplémentaire d’argent pour garantir des prestations de service public de qualité qui profitent à tous-tes. Enfin, c’est se valoir d’une certaine moralité dans l’imposition en appliquant une égalité de traitement.

Alors, pourquoi ne pas supprimer les forfaits fiscaux à Genève ?

Vous pouvez également lire à ce même sujet :

Une villa genevoise sur deux est achetée par un étranger, Tribune de Genève, 17 janvier 2011

La fin des forfaits fiscaux ravit les communes, Le Temps, 5 janvier 2011

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