“Les femmes sont plutôt favorables à l’initiative demandant l’interdiction des armes de service à domicile parce qu’elles ne savent pas les manier” déclare Ueli Maurer (20 Minutes, 03.01.11). Le Conseiller fédéral fait dans les arguments simplistes et machistes ? Cela annonce-t-il une défaite envisageable pour le camp des amoureux des armes qui se retrouve de plus en plus seul ?

Le 13 février prochain, nous serons appelé-e-s à nous prononcer sur l’initiative « pour la protection face à la violence des armes » proposée par le Parti Socialiste Suisse. En deux mots, cette initiative veut interdire les armes de service à la maison, une justification du besoin et de la capacité pour qui veut acquérir une arme à feu, et enfin, un registre central de celles-ci. Il faut savoir que chaque année, environ 300 personnes sont tuées par des armes à feu en Suisse.

Depuis le début de la campagne, les soutiens à cette initiative, provenant de la société civile, se sont massivement accrus. Médecins, ancien-ne-s officier-ère-s, policiers, Eglises, syndicats, association de prévention contre le suicide, organisations pacifistes et milieux féministes ont tour à tour apporté leur appui et expliqué la plus-value qu’aurait l’acceptation du projet de loi.

Voici les quelques arguments avancés par ces milieux que nous avons pu lire dans la presse. Pour la Fédération des médecins suisses (FMH), « nous pouvons sauver 100 vies par année » déclare Jacques de Haller, son président, dans les colonnes du Matin. L’association stop-suicide reprend ce même constat et stipule que cette initiative possède davantage une portée préventive que politique. Quant aux syndicats policiers, eux aussi perçoivent les bienfaits du projet, selon eux, un registre national des armes permettrait aux forces de police d’être mieux préparées dans des situations dangereuses.

Enfin, un soutien quelque peu inattendu est provenu d’ancien-ne-s officier-ère-s. Pour l’ancien capitaine d’Etat-major Ebo Aebischer, «réduire la disponibilité des armes constitue incontestablement un moyen de prévenir des tragédies», pouvait-on lire dans le 24 heures.

De tels appuis vont certainement avoir des conséquences sur le vote. Pour l’instant, les sondages annoncent une victoire de l’initiative. Et c’est chez les femmes que l’on retrouve la plus forte acceptation avec 61% d’entre elles, contre 51% de refus chez les hommes selon l’institut gfs.bern (Le Matin, 21.01.11). Alors Monsieur Maurer, à défaut de savoir manier une arme, heureusement qu’il y a 40 ans on accordait le droit de vote aux femmes…

« Les femmes ne savent pas manier les armes », dans le 20 Minutes du 03.01.11

Initiative sur les armes : médecins et policiers veulent sauver des vies, dans Le Matin du 13.12.10

Armes : d’anciens officiers appuient l’initiative, dans le 24 heures du 18.01.11

Initiative sur les armes : les femmes pourraient faire pencher la balance, dans Le Matin du 21.01.11

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