Voilà qui ne manque pas de piquant! Le Conseil d’Etat genevois se fait rabrouer pour avoir publié sa position sur l’amnistie fiscale. Dans la brochure des votations du 13 février que vont recevoir les Genevoises et les Genevois, il est écrit: “Contrairement à l’avis du Conseil d’Etat, le Grand Conseil invite les citoyennes et les citoyens à voter oui”.

Des députés protestent au motif que, en cas de divergence d’opinions, seul l’avis du Grand Conseil doit être publié! C’est la procédure. Le bureau du législatif cantonal blâme également le choix du Conseil d’Etat. En clair, le Grand Conseil appelle à accepter l’amnistie, le Conseil d’Etat demande aux citoyennes et aux citoyens de la refuser.

Ce même Conseil d’Etat avait pourtant tapé sur les doigts de l’Exécutif de la Ville parce que celui-ci avait pris position contre la basse d’impôt en 2009…

Preuve de l’embarras de l’Exécutif, la page 24 de la brochure a été retirée de sa version internet. Mais la recommandation figure toujours sur l’imprimé. Le Tribunal administratif devra se prononcer…

Ce qui est fâcheux dans cette affaire c’est que l’Etat est responsable de l’organisation du scrutin. En tant que tel, le Conseil d’Etat a un devoir de neutralité qui excède largement celui d’une commune concernée par un scrutin cantonal. Comme cela était le cas pour la Ville de Genève lors de la votation sur la baisse d’impôts.A cette époque, un conseiller d’Etat avait considéré la prise de position de la Ville comme “une folie”

Visiblement, la folie a cette fois changé de camp.

Voici une petite revue de presse sur ce couac…

Boulette dans une brochure électorale, 20 Minutes, 14 janvier 2011

Un recours se prépare contre la brochure électorale du 13 février, Tribune de Genève, 13 janvier 2011

Retrouvez également mes billets sur l’amnistie fiscale du 24 septembre 2010 et du 22 décembre 2010.

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