« Les femmes sont des menteuses quand elles accusent leur conjoint de violence domestique » s’exclame René Kuhn dans les colonnes du Matin (20.01.11). L’antiféministe et ancien président de la section UDC de la ville de Lucerne a encore frappé. Au moyen de cette déclaration, il menace de dévoiler sur Internet les dix-huit adresses des refuges pour femmes battues.

Alors, simple provocation ou réelle bêtise ? Pour ma part, je suis choquée par de telles déclarations. Elles ne sont pas à prendre à la légère. Je trouve scandaleux que l’on puisse tenir un tel discours aussi méprisant à l’égard de personnes qui souffrent et qui nécessitent de l’aide.

Les violences conjugales sont une réalité. En Suisse, une femme sur dix vivant en couple est victime de violences au foyer, selon un rapport du Conseil fédéral. Et un quart subit des violences de la part d’un conjoint au cours de sa vie. Ces faits restent encore bien trop tabous dans notre société. Alors que certains partis ne cessent de parler d’insécurité et se focalisent sur l’étranger, ils feraient mieux de regarder ce qui se passe chez eux.

Depuis 2004, la violence dans les couples mariés, ou non, donne lieu à des poursuites pénales d’office. De plus, la loi sur l’aide aux victimes oblige les cantons à mettre en place des centres de consultation pour les victimes d’infractions. Rôle que remplissent les refuges pour femmes battues.

En menaçant de divulguer les adresses de ces lieux, René Kuhn viole la loi sur la protection des données. Ces lieux sont tenus secrets afin de protéger les victimes qui s’y réfugient. Si leurs adresses sont dévoilées, cela va nécessiter, comme le souligne Gabriela Chu, membre du comité national de Solidarité Femmes, une protection policière accrue aux frais du contribuable.

Monsieur Kuhn, je peux comprendre votre peur à l’égard des féministes de gauche comme moi, que vous traitez d’« épouvantails à moineaux ». Car nous nous battrons jusqu’au bout contre toutes les formes de violences et d’injustices que peuvent encore subir les femmes. Et nous lutterons contre les idées discriminatoires et insultantes que vous propagez.

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