Un an après, les Haïtiennes et les Haïtiens de Port-au-Prince vivent encore et toujours au milieu des gravats, dans une très grande précarité, livré-e-s aux épidémies, à la violence et au désespoir. Le 12 janvier 2010, une épouvantable catastrophe s’abattait sur un peuple affaibli, vivant sous la menace constante des ouragans et plongé dans la misère.

Un an après, la commémoration des 222, 570 victimes du tremblement de terre se nourrit de tristesse, indignation mais surtout de colère.

Colère de constater que 1,2 million de personnes sont toujours sans-abri. Colère encore lorsqu’on prend conscience que si la moitié de l’argent promis était correctement dépensé, Haïti panserait ses plus importantes plaies et sortirait l’écrasante majorité – si ce n’est la totalité – des victime de la souffrance.

Colère également lorsqu’on sait que dans le classement des grandes catastrophes établi par les grands assureurs comme Munich Ré ou Swiss Ré, le séisme haïtien aura coûté 20 à 30 fois moins cher que le tremblement de terre au Chili, qui a fait 520 morts, et deux fois moins cher qu’en Nouvelle-Zélande, où le tremblement de terre de septembre dernier n’a fait aucune victime!

Ces sentiments de tristesse, d’indignation et de colère, je les transmettrais après-demain à l’Université de Genève, où je prononcerai une allocution d’ouverture d’un colloque de deux jours intitulé “Haïti: des lendemains qui tremblent”.

Je remercie l’Université d’avoir organisé un séminaire de réflexion sur la reconstruction. A Genève, capitale mondiale de l’Humanitaire, où de très nombreuses personnes connaissent Haïti pour y avoir travaillé dans l’assistance et le développement, ce premier anniversaire aura à ne pas en douter une forte résonance.

En mon nom mais aussi en celui du Conseil administratif de la Ville de Genève, je suis heureuse de participer aux événements qui jettent un pont entre l’émotion de la commémoration et la nécessité de la reconstruction.

Car il ne suffit pas de répondre au séisme par des mots, par des déclarations et des promesses. Il faut agir!

Enfin, à titre personnel, je tiens à féliciter et encourager  la société civile haïtienne pour avoir lancé la Charte pour la reconstruction d’Haïti. Pour la recevoir par mail ou la signer: pouayiti@tierra-incognita.ch

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