Le moment est historique pour la Tunisie. En chassant le dictateur Ben Ali, les Tunisien-ne-s ont ouvert la voie à une véritable démocratie pour leur pays. C’est une victoire du peuple et pour le peuple sur la tyrannie. Un tel événement montre au monde que rien n’est impossible et que même les plus injustes dominations peuvent être renversées.


Mais les étapes pour la démocratisation du pays sont encore nombreuses. Ben Ali a dirigé la Tunisie de façon totalitaire pendant près de 23 ans. Dès lors, sa chute provoque inévitablement un certain vide à la tête du pays. Je ne peux qu’espérer que cette période d’ouverture et de transition se passe dans la paix et le respect des différences.

Afin de ne pas tomber dans l’anarchie, Mohamed Ghannouchi, ex-premier ministre du président déchu reconduit à son poste ce week-end, a formé un gouvernement d’union nationale. Le but de ce gouvernement est d’assurer la transition et d’organiser des élections réellement démocratiques.

Il est vrai que pour moi et pour beaucoup d’autres défenseur-se-s de la démocratie, l’accession au pouvoir par intérim de Mohamed Ghannouchi, ancien bras droit de Ben Ali, me laisse quelque peu perplexe. Les principaux postes de son nouveau gouvernement tels que les Affaires étrangères, l’Intérieur et les Finances sont restés aux mains des mêmes fidèles de Ben Ali. Par ailleurs, ce pseudo gouvernement d’union nationale ne comprend que les trois principaux partis. Alors que les plus petites forces minoritaires ont été écartées des pourparlers.

C’est pourquoi, j’encourage le nouveau gouvernement tunisien à instaurer un système démocratique ouvert à toutes les opinions. J’appelle également à la levée de toutes les formes de censure et au respect des droits humains trop souvent violés sous Ben Ali.

Aujourd’hui, nous les occidentaux-ales, avons un rôle à jouer dans la reconstruction démocratique de la Tunisie. Alors que nous avons toléré la structure tyrannique de la Tunisie sous Ben Ali, ne répétons pas les mêmes erreurs. Ecoutons ces jeunes Tunisien-ne-s qui ont fait leur révolution au moyen de Facebook et d’Internet. Soutenons leurs revendications porteuses de liberté.

Soyons éveillé-e-s et critiques comme elles et ils l’ont été, et surtout, ne faisons pas en sorte d’entendre :

« Le tyran est parti, vive le nouveau tyran ! »

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