Après les dérapages, la chute! Pour la première fois, Eric Stauffer déverse clairement sa haine xénophobe sur une communauté: les Français-e-s. “La racaille de France” n’est pas un concept flou. Cette phrase postée en début de semaine sur Facebook stigmatise toute une population. C’est inacceptable!

M. Stauffer quitte encore une fois le débat politique pour dériver vers l’incitation à la haine xénophobe, voire au lynchage. Encore faut-il que le député ait au moins une fois parlé de politique!

On n’est pas en guerre, Monsieur Stauffer! Les Français-e-s ne sont pas nos ennemi-e-s. “Les renvoyer dans des cercueils chez eux”, c’est une déclaration de guerre. Ni plus, ni moins.

C’est effacer la réalité d’un trait xénophobe et haineux: nous vivons dans un même bassin de vie. Le dynamisme de Genève repose sur une relation d’échange entre les habitantes et les habitants de la région. Genevois-e-s, Vaudois-e-s et Français-e-s vivent, se déplacent et travaillent ensemble. Pour préserver cet équilibre, il est indispensable de savoir et de respecter la notion du vivre ensemble.

Céder aux raccourcis qui peuvent être établis à cause des récents braquages à Genève, c’est tomber dans la facilité et dans l’amalgame. Si un hold-up est effectué par des Français-e-s, cela ne veut évidemment pas dire que tous-tes les Français-e-s sont des malfrats. Monsieur Stauffer, ressaisissez-vous! Lorsqu’on aborde des sujets aussi sensibles, il faut en parler en connaissance de cause.

Citons alors le commandant de la gendarmerie de Haute-Savoie: “Honnêtement, dans les affaires de braquages, je ne crois pas que ce soit un problème d’effectifs. C’est plutôt une question de transmission de l’information.” Au lieu de dresser des murs entre nos deux pays, cherchons à nous concerter, à mieux comprendre le problème – sans effets de manche – et à dégager des solutions communes.

Les mots de M. Stauffer minent les fondements mêmes de la construction de notre société. Il est temps d’exprimer notre désapprobation envers les propos haineux du député MCG et à réaffirmer nos valeurs humanistes. Arrêtons d’amplifier l’écho des extrémismes!

“On arrête rarement les braqueurs en flagrant délit”, Tribune de Genève, 17 décembre 2010

Les braqueurs nous adorent, Le Matin, 15 décembre 2010

Eric Stauffer a-t-il franchi la ligne rouge sur Facebook?, Tribune de Genève, 13 décembre 2010

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