Site web de la Ville de Genève

«Les gens ont peur dans certains quartiers de la Ville». «Les gens ne respectent pas leurs voisins». «Les gens aimeraient ceci ou déplorent cela». Il faut bien l’admettre, les femmes et les hommes politiques, comme les médias d’ailleurs, ont une propension marquée pour faire parler cette masse insaisissable, à laquelle on prête toutes les intentions: la population, «les gens».

J’étais hier soir à la Maison de quartier de la Jonction, pour une nouvelle rencontre avec les locataires des immeubles de la Gérance immobilière municipale (GIM). On m’avait pourtant mise en garde avant d’organiser ces réunions. «Tu vas te faire massacrer par les locataires», me disait une élue. «Ils sont très fâchés contre le nouveau règlement de la GIM», m’assurait un autre. En allant à la rencontre de «mes» locataires, avais-je fait preuve de témérité ?

Mon souhait initial de «dialoguer» avec «ces gens» allait-il tourner à l’émeute ? Après plusieurs visites dans les immeubles du Seujet, des Minoteries, des Asters et de la Jonction , je vous le dit franchement: ces réunions ont été des moments privilégiés de dialogue. Avec des personnes qui n’ont pas de relais politiques et peu l’occasion de croiser des élus. Des aînés, des plus jeunes, beaucoup d’étrangers.

Résultat ? Des félicitations, des critiques, des inquiétudes, des déceptions, mais jamais d’insultes ou de propos haineux.

Premier constat: les Genevoises et les Genevois sont parfaitement capables d’avoir une discussion franche et constructive avec leurs élu-e-s. Deuxièmement, ces mêmes-gens, lorsqu’on va à leur rencontre, disent parfois tout sauf ce qu’on veut leur faire dire.

Hier, on m’a parlé des amateurs de skate qui avaient pris possession de la cour d’école, des locataires qui font du bruit la nuit ou encore des pigeons qui envahissaient les balcons. Mais pas de question directe sur le nouveau règlement et son application. Les gens ont en réalité très bien compris notre démarche. Alors, écoutons la majorité silencieuse au lieu de parler à sa place.

Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn
Mots clefs: , ,