Pas question de prolonger l’ouverture des magasins. Je me réjouis du refus populaire sur ce sujet. Les patrons ont visiblement froissé la susceptibilité des Genevoises et des Genevois. Ils voulaient retoucher les horaires du personnel sans l’accord des partenaires sociaux!

Avec 56,2% des voix, le rejet de cette attitude cavalière est net; le peuple déteste les passages en force dans ce dossier et réclame une solution négociée favorable à aux travailleuses et aux travailleurs. Il a émis dans ce sens un message clair à l’adresse du patronat.

Au lendemain de la défaite, Jacques Jeannerat, directeur de la Chambre de commerce et d’industrie de Genève, était pourtant loin de faire profil bas. Comme si de rien n’était, il menace, dans les colonnes du Temps, de saboter la signature de la future CCT si les syndicats ne reviennent pas avec des “propositions intéressantes”.

Du pur déni de la volonté populaire. Le patronat doit admettre que, après le rejet clair du peuple, il n’a plus de quoi tenir le couteau par le manche. Et qu’il est très inélégant de faire miroiter des représailles alors que les Genevoises et les Genevois exigent une approche harmonieuse.

Il est temps de reprendre de la hauteur dans ce dossier au lieu de rabaisser l’exercice du partenariat social à une vaste bagarre où celui qui crie le plus fort l’emporterait.

Mais ce scrutin avait aussi une signification sociétale. Les citoyennes et les citoyennes ont également – si ce n’est surtout – décrété que, à Genève, il y a une vie après le travail! Et elle commence après l’heure de fermeture des bureaux et … des magasins. Le vote de dimanche est une victoire pour la sauvegarde de ces moments essentiels où l’on prend du temps pour soi, ses proches, ses amis.

Symboliquement, la population s’est identifiée avec le personnel de la vente auquel on demande toujours plus dans le cadre du travail au détriment de la vie familiale et sociale. Il faut interpréter ce large refus populaire comme un choix de société. Et en tenir compte!

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