Avec José Narro Robles, recteur de l'Université nationale du Mexique et Antonio Costa, maire de Lisbonne. Photo: UNAM

Mais à quoi peuvent bien servir les voyages – et à fortiori à l’étranger – de vos autorités ? Où va-t-on et qu’y fait-on ? Seul-e ou accompagné-e ?

Toutes ces questions légitimes, je les entends depuis 1999, date à laquelle j’ai été élue conseillère municipale. A l’époque, je n’étais guère concernée car la vie d’une conseillère municipale est “localissime”.

Mais les temps ont changé. Depuis 2007, date de mon élection au Conseil administratif, l’horizon s’est dégagé. Bien sur Genève, Genève avant tout et surtout mais aussi …. Mexico. Eh oui, du 15 au 22 novembre, j’ai été en déplacement au Mexique, avec deux de mes collaborateurs. Une semaine de travail intense dont je souhaiterais vous faire partager la richesse.

J’aimerais surtout vous expliquer pourquoi les voyages du Conseil administratif sont extrêmement importants non seulement pour rester informés des tendances politiques mondiales et de travailler en réseaux avec les Villes qui partagent nos valeurs, mais également et surtout pour valoriser la place de Genève dans les réseaux de villes et promouvoir Genève comme ville internationale.

J’explique les raisons de l’utilité des déplacements en réponse à une question et à une remarque courantes. Les voici:

1ère question: «Mais pourquoi voyagent-ils donc? Ce sont nos élus. Ils doivent donc s’occuper de nos problèmes locaux, pas des problèmes du monde. Qu’ils laissent les affaires du monde aux ministres des affaires étrangères ou aux cadres des Nations Unies!»

Mais voilà, depuis 2008, plus de la moitié de la population mondiale vit dans les villes. Et ce sont les Villes qui, à Genève comme partout, doivent gérer les conséquences de la mondialisation: les risques climatiques, la migration et l’intégration, par exemple.

Et ce sont aussi les villes qui détiennent entre leurs mains les meilleures opportunités pour sortir des crises par le haut, en proposant des solutions locales qui améliorent sensiblement la qualité de la vie des habitantes et des habitants et la solidarité entre toutes et tous.

Les réseaux de villes  – sur les plans suisse, européen et mondial – sont un outil indispensable pour répondre aux défis locaux, qui sont aujourd’hui des défis globaux. Pourquoi? Parce que les villes sont beaucoup plus flexibles que les Etats pour répondre aux besoins de la population. Les villes ne sont pas limitées par des considérations diplomatiques. Elles avancent partout où cela est possible, en collaboration avec les autres villes qui partagent sur le moment leurs analyses et leurs visions.

Le réseau de villes connu sous l’acronyme CGLU (Cités et gouvernements locaux unis) – l’Association mondiale des Villes, pour le dire autrement – représente ainsi un instrument incontournable pour mettre en place une gouvernance mondiale répondant aux défis contemporains sur le climat et la solidarité internationale.

Ces réseaux sont importants pour toutes les villes. Mais encore plus pour Genève: ne sommes-nous pas la seule ville au monde en position de faire le lien essentiel entre les réseaux de ville et l’ONU?

Il fallait donc être présent à Mexico pour défendre à fois la place de Genève dans le monde et la qualité de vie des Genevoise et des Genevois.

2ème remarque: « Ils vont à l’autre bout du monde pour bosser …. Tu parles ! »

Le Congrès a été organisé pendant la commémoration du centième anniversaire de la Révolution mexicaine. Pour les Mexicains et pour la Ville de Mexico en particulier, accueillir 3000 maires et élus aux exécutifs des gouvernements locaux était une belle opportunité pour faire connaître la richesse historique du Mexique et les problématiques politiques contemporaines.

Les deux premières journées ont été dédiées à rencontrer les secrétariats des organisateurs, à préparer avec eux mes interventions dans les tables rondes. J’ai rencontré également l’ambassadeur suisse au Mexique, qui nous a fait un topo sur la situation – peu brillante – du Mexique aujourd’hui, miné par la violence, le trafic de drogue et touché de plein fouet par la crise économique et financière.

Pendant les deux journées suivantes, j’ai participé à trois tables rondes, et nous avons soigné nos réseaux, notamment les réseaux de femmes élues. Le samedi était consacré au Conseil proprement dit et à l’Assemblée générale. Je me suis battue ouvertement pour que CGLU ne supprime pas la «Commission Genre», et de manière plus informelle pour que Genève soit reconnue comme une pièce maîtresse de la gouvernance mondiale.

Le rythme de travail était au moins aussi intense qu’à Genève, avec les premières réunions de travail au petit déjeuner et les derniers contacts informels au dessert des repas officiels. Grâce – ou à cause-  d’internet, j’étais joignable, présente même si physiquement éloignée, plongée dans une réalité genevoise que sept heures de décalage rendent de plus en plus lointaine.

La fatigue due au long voyage et aux liaisons aériennes, le décalage horaire, les problèmes quotidiens de Genève qu’il faut continuer à régler de loin, et les dossiers qui se sont accumulés sur mon bureau en mon absence font que, si le jeu en vaut indéniablement la chandelle, ce n’est surêment pas une sinécure!

Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn
Mots clefs: , , ,