Les Roms qui, le plus souvent, vont et viennent au gré des saisons et à travers les frontières n’entrent pas dans nos perceptions traditionnelles de l’immigration, et échappent ainsi à nos schémas habituels de « rencontre ».

Les Roms dérangent, et ils dérangent même les mieux pensant-e-s d’entre nous. Ils nous bousculent, tout simplement, car ils ne sont pas comme nous… Ils ne parlent pas notre langue, ne s’habillent pas comme nous, aiment se déplacer et se retrouver en famille ou en groupe, ne subviennent pas à leurs besoins économiques comme nous le faisons, parlent haut et fort et font de la musique dans la rue à une époque où, ici, chacun-e écoute en solitaire sa propre musique, quand il/elle ne parle pas tout-e seul-e ou au téléphone… avec un-e lointain-e correspondant-e…

Les Roms nous dérangent, nous bousculent non seulement par leur différence, mais aussi et surtout par leur manière à eux d’être dignes : c’est-à-dire, de n’être, ni plus ni moins, qu’eux-mêmes – sans faire semblant d’être autrement ; ni même essayer de nous faire croire que ils pourraient entrer sans difficulté dans le moule autochtone, un moule qui nous rassurerait !

Ils se posent devant nous, un peu comme un défi lancé à la capacité de Genève à rester une ville d’accueil, une ville ouverte, et qui souhaiterait comme à tout-e voyageur-euse, à tout arrivant, la bienvenue !

Et nous autres Genevoises et Genevois n’avons pas encore trouvé le moyen de dialoguer réellement de tout avec eux, de rire ensemble de tout cela, en confiance, d’une manière à la fois rationnelle et raisonnable.

En toute confiance, c’est le mot ! Sans la peur réciproque de se laisser submerger par la naïveté, et sans l’angoisse symétrique d’y perdre son âme… Tout simplement, en confiance !

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