Mardi 05 octobre, j’ai été invitée au lancement du livre de Véronique Ducret « Qui a peur du harcèlement sexuel ? Des femmes témoignent ».

En prenant la parole à la Comédie, je me suis remémorée les chiffres sidérants sur ce phénomène : 50% des personnes actives en Suisse ont été à un moment de leur vie professionnelle exposées au risque de harcèlement sexuel. Cette réalité parait archaïque mais pourtant ce risque existe bel et bien. Pour prévenir ces situations, le Deuxième Observatoire, centre de recherche romand sur le harcèlement sexuel, a également lancé un site Internet. Ce site se veut une plateforme d’échanges et de soutien. C’est la première initiative de ce genre en Suisse romande. Il donne la parole à des femmes qui sont les principales victimes du harcèlement sexuel et les oriente vers les organismes pouvant les accompagner dans leurs démarches.

Dans mon discours, j’ai voulu revenir sur le nécessaire devoir de vigilance et d’accompagnement des employeurs pour faire cesser ce risque de harcèlement. Véronique Ducret a rappelé que souvent les femmes viennent lui parler de mobbing en consultation et c’est en fait de harcèlement sexuel dont elles sont victimes. Mais le clou de la soirée était le spectacle émouvant et terrible de comédiennes lisant les témoignages recueillis par Véronique Ducret : la salle vibrait.

Comment rester de marbre en écoutant le récit de femmes qui, manipulées par un harceleur, se sont retrouvées dans une spirale infernale de déni de la violence subie, de la culpabilité et du manque de confiance en soi ? Le harcèlement sexuel est un processus qui nie l’autre et qui lui ôte sa personnalité. En Ville de Genève, les nouveaux statuts du personnel permettent de mieux clarifier les procédures de prévention et d’accompagnement des victimes d’atteinte à la personnalité, dont le harcèlement sexuel fait partie.  J’invite donc toutes les entreprises à consulter ce site, pour que le harcèlement sexuel ne soit plus un tabou.

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