C’est une votation cruciale. Le peuple suisse votera le 26 septembre sur le financement de l’assurance chômage. L’objet tient en deux propositions: couper dans les prestations et augmenter les cotisations. Les accepter, c’est imposer des sacrifices aux chômeurs et aux salariés ainsi que discriminer les jeunes. C’est aussi prétériter les finances des villes et des cantons, par l’effet du transfert de charges vers l’aide sociale. Autant de raisons qui ont amené le Conseil administratif de la Ville de Genève à émettre de fortes réserves au moment de la mise en consultation du projet. De plus, à mon titre de responsable des Finances et des Ressources humaines de la Ville de Genève, je déplore en particulier le silence en matière d’insertion socioprofessionnelle. Quel manque de souffle et de vision politique ! C’est d’autant plus déplorable que la crise économique n’est pas derrière nous. Bien au contraire !

Une réforme en profondeur de l’assurance chômage contiendrait des mesures de soutien aux entreprises et aux personnes en recherche d’emploi, non des mesures de pénalisation. Les chômeurs ne sont pas responsables de leur situation. S’ils ne parviennent pas à retrouver un emploi, c’est parce que l’adéquation entre leurs compétences et le marché du travail ne peut se faire sans périodes d’adaptation et de formation. Rendre possible cette jonction, c’est précisément la finalité des mesures d’insertion socioprofessionnelles.

A cet effet, la Ville de Genève dispose d’un outil: le Fonds municipal de lutte contre le chômage. Adopté par le Conseil municipal en 2003, il a été créé dans le but de financer des projets novateurs visant précisément à la réinsertion de toute personne en recherche d’emploi.

Jusqu’en 2007, il a servi à mener une politique d’assistance individuelle par l’engagement d’Emplois temporaires cantonaux (ETC) au sein de l’administration. Mais son utilisation ne rejoignait pas l’esprit initial recherché.

Soucieuse de la situation des personnes sans emploi en Ville de Genève, j’ai alors voulu redéfinir la politique municipale en matière de promotion de l’emploi et de lutte contre le chômage, en rendant au Fonds sa mission première. A mon initiative, un règlement d’application a été adopté en septembre 2008 et une Commission consultative du Fonds chômage a été constituée pour préaviser sur les projets. Elle est composée d’expert-e-s dans le domaine de l’emploi, de la formation et/ou de l’insertion socioprofessionnelle. La dotation du Fonds s’élevait à ce moment-là à 2,7 millions de francs.

Au début de l’année 2009, un appel à projets a été lancé auprès de plus de 80 structures actives dans le domaine de l’insertion. Les premiers projets ont été déposés, dont 8 ont été financés : 5 projets d’insertion par l’activité économique, 2 projets d’insertion pour les jeunes et 1 projet d’insertion pour les femmes migrantes.

En 2010, un montant supplémentaire de 3 millions a été affecté au Fonds. Ainsi, avec au total 5,7 millions par année, le Fonds va permettre à la Ville de renforcer encore plus son soutien aux personnes échappant au filet institutionnel de l’emploi. La Ville de Genève est la seule commune à disposer en Suisse d’un tel outil permettant de mener une politique de proximité active en matière d’intégration socioprofessionnelle.

Le chômage n’est pas une fatalité. Des politiques publiques volontaristes peuvent stimuler l’emploi et aborder la question de la réinsertion des personnes à la recherche d’un travail dans un esprit de solidarité.

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