La pénurie de logements s’aggrave, les blocages dominent. Voilà ce que le public a pu conclure à l’issue du débat organisé hier soir par la Tribune de Genève. L’article du jour du quotidien rappelle que deux camps s’affrontent. Au-delà du clivage idéologique, mon propos a porté sur le manque de volonté politique, manque de vision, manque de méthode et, finalement, manque de courage.

Aujourd’hui à Genève, il manque l’homme ou la femme qui, habité-e de l’envie de construire, ose, prend des risques, rassemble. Au delà du consensuel discours politique “il faut construire du logement”, assistera-t-on finalement à un passage à l’acte. Ou sont les grues qu’on nous promet depuis des années ?

La Ville de son côté s’engage et produit du logement. Du logement de qualité et bon marché. Des exemples concrets ? Les voici: Artamis, avec 100 nouveaux logements sociaux, et Sécheron, avec également 100 logements sociaux. Pourquoi la Ville parvient-elle là ou tant d’autres échouent ? Car, pour la Ville, le logement est avant tout un droit et non un outil de rendement financier. Cette distinction est essentielle et faisait dire hier soir à ma collègue Carole-Anne Kast, que certains propriétaires sont éthiques et d’autres non.

Pour elle, comme pour moi, une chose est sure : les pouvoirs publics doivent contrôler, règlementer, dicter les règler du jeu pour en finir avec la spéculation féroce qui se livre autour du prix du loyer. A titre personnel, je pense que les collectivités locales doivent procéder à de nouvelles acquisitions de sol, faisant valoir leur droit de préemption. La Ville de Genève a utilisé ce moyen chaque fois qu’elle l’a pu, préservant les logements sociaux pour que les gens puissent se loger décemment à un prix abordable.

En effet, seule la main étatique permet de maîtriser la courbe des loyers. Pour y parvenir, les solutions ne manquent pas. J’en propose une : modifier la loi sur les démolitions, transformations et rénovations afin qu’elle contrôle durant 10 ans (et non 3 à 5 ans comme c’est actuellement le cas) les loyers.

Ces derniers ont plus que doublé en dix ans. Ainsi, je plaide depuis longtemps pour que l’Etat joue pleinement un rôle régulateur, contre la spéculation financière et la pression sur les loyers.

Chaque année 1400 logements sortent de terre, alors qu’il en faudrait 2500 pour faire face à l’augmentation de la population. Symptôme du développement non-maîtrisé de Genève, la pénurie de logement va perdurer. En préservant les intérêts privés, je considère que les politiques libérales ont jusqu’ici échoué. L’Etat doit reprendre ses droits sur un dossier qui devient chaque jour plus explosif.

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