Il était temps d’agir en 1985,  il est temps de réagir aujourd’hui. Il y a vingt-cinq ans, Eric Sottas, fondateur de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) posait les bases d’un mouvement universel. Le 25ème anniversaire de l’OMCT a été célébré hier soir au Palais Eynard en présence de Kofi Annan, ex secrétaire général de l’ONU et actuel président de la Fondation de soutien à l’OMCT. Un quart de siècle plus tard, la lutte contre la torture connaît des reculs, notamment depuis le 11-Septembre 2001. Ce combat, notre combat, doit inlassablement être poursuivi. Je dis “notre combat”, car Genève est depuis toujours aux côtés de l’OMCT et compte bien y rester. Genève est, et entend demeurer, la capitale mondiale des Droits de l’Homme.

Dans mon discours prononcé au cours de la cérémonie, j’ai réaffirmé l’engagement et le rôle de la Ville de Genève dans l’éradication de la torture et des traitements cruels et dégradants. Face aux nouveaux défis qui se posent à l’OMCT, il est nécessaire de rebondir. Durcir la lutte contre le terrorisme a conduit à des pratiques en contradiction avec les principes fondamentaux des droits humains. Il s’agit là de dérives que l’opinion publique a malheureusement tendance à accepter. Raison pour laquelle une campagne mondiale a été lancée hier à l’occasion de l’anniversaire de l’OMCT, avec la signature du manifeste “Nulle circonstance ne permet de tolérer la torture”. J’ai été très honorée de représenter, en ma qualité de Maire, les autorités de la Ville de Genève ainsi que ses habitantes et ses habitants dans cet engagement aux côtés de l’OMCT.

Le fondateur de cette illustre organisation, le Genevois Eric Sottas, relevait mardi sur ce blog que “seule l’attitude personnelle fait la différence. Celles et ceux qui disent non, au péril de leur vie, peuvent imposer la prohibition de la torture comme un absolu indiscutable”.

“Au péril de leur vie” … Toutes mes pensées vont alors immédiatement à la famille de Floribert Chebeya Bahizire, 47 ans, père de cinq enfants, retrouvé mort dans sa voiture mercredi 2 juin près de Kinshasa, dans des conditions non encore élucidées. Il était le directeur et fondateur de «La Voix des Sans Voix», une organisation de défense des droits humains internationalement reconnue. Ce militant congolais avait beaucoup d’amis à Genève, où il venait chaque année assister à la Commission puis au Conseil des Droits de l’Homme. Ses funérailles seront symboliquement tenues à Kinshasa samedi 26 juin, journée internationale de l’ONU pour le soutien aux victimes de la torture.

Du front du combat, on rapporte hélas trop souvent d’accablantes nouvelles, telle que la toute récente condamnation à trois ans de prison, par la Cour pénale de Damas, de Muhannad Al-Hassani, président de l’Organisation syrienne de défense des droits humains (Swasiya). Cet avocat a reçu, le 7 mai dernier, le Prix Martin Ennals 2010 pour les défenseurs des Droits de l’Homme, décerné en collaboration avec la Ville de Genève.

Hasard du calendrier, j’ai reçu cette information le jour même du 25ème anniversaire de l’OMCT. Une mauvaise nouvelle qui ne doit pas empêcher de se réjouir de la toute récente libération de l’Iranien Emad Baghi, lauréat 2009 du Prix Martin Ennals et fondateur de la Société pour la défense des droits des prisonniers, après six mois passés dans une prison de Téhéran. Aux défenseurs des droits humains, je demande de ne pas se décourager.

A l’OMCT, je souhaite de poursuivre sa mission avec la même ardeur que cette organisation a déployée ces vingt-cinq dernières années.

Retrouvez dans Flickr les photos de la célébration du 25 anniversaire de l’OMCT et de la signature du manifeste “Nulle circonstance ne permet de tolérer la torture”.

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